La BCE met en garde contre la taxe bancaire espagnole
Dans un avis non-contraignant publié le 2 novembre, la BCE n’a pas caché son inquiétude face aux conséquences de la taxe bancaire espagnole, actuellement en cours de discussions au Parlement. Ce projet de loi vise à fixer une taxe temporaire de 4,8% pendant deux ans sur les revenus nets d’intérêts et les commissions nettes des banques dont le chiffre d’affaires dépasse 800 millions d’euros.
La Banque centrale européenne recommande ainsi au gouvernement espagnol de réaliser une «analyse approfondie des conséquences potentielles négatives» que cette taxe pourrait avoir sur le secteur bancaire. L’établissement craint en effet que l’application de cette taxe ne présente des risques pour « la stabilité financière, la résilience du secteur bancaire et l’octroi de crédit » selon l’avis. Une préoccupation d’autant plus forte dans un contexte macroéconomique incertain où « les provisions pour pertes sur prêts des établissements de crédit devraient augmenter en raison d’un ralentissement marqué prévu de l’activité économique réelle » poursuit la BCE.
L’institution a alerté sur le fait que cette taxe puisse être prélevée sur un établissement même s’il est déficitaire, car elle ne tient pas compte des provisions pour créances douteuses ou des dépenses opérationnelles. « Si la capacité des créanciers à atteindre des positions de capital adéquates est endommagée, cela pourrait compromettre la transmission harmonieuse des mesures de politique monétaire à l'économie au sens large » indique le texte. De même, l’application de cette taxe uniquement à certains établissements de crédit espagnols « pourrait fausser la concurrence sur le marché et compromettre l'égalité des conditions de concurrence tant à l’intérieur du pays que dans l’ensemble de l’union bancaire ».
La banque centrale a également demandé à Madrid de clarifier une « divergence » dans le projet de loi concernant la partie exacte des revenus d’une banque sur laquelle l’impôt serait prélevé. L’organisme s’est aussi inquiété de savoir si la référence à l’obligation de conformité de la Banque d’Espagne « équivalait à conférer » à la banque centrale espagnole « une nouvelle tâche ».
Madrid ouvert à des aménagements
Du côté du gouvernement espagnol, on assure que toutes ces recommandations ont été prises en compte avant de faire cette proposition et qu’aucun impact significatif, tant du point de vue de sa nature temporaire que de son calibrage et de sa conception n’ont été relevés. Mais Madrid ne ferme pas la porte à des aménagements. « Les questions soulevées par la BCE avaient déjà été analysées lors de la conception du prélèvement et celui-ci passe maintenant par le processus parlementaire, au cours duquel toutes les améliorations que le pouvoir législatif de notre pays juge appropriées peuvent être introduites », a déclaré Nadia Calviño, la première vice-présidente dans des déclarations aux médias à l’ambassade d’Espagne à Londres.
Le son de cloche reste bien différent du côté des banques espagnoles. Unanime, le secteur continue à rejeter cet impôt. « Cette taxe est préjudiciable à l'économie et à l’emploi car elle affecte la capacité à accorder des crédits, fait-on valoir à l’Association bancaire espagnole. En cette période difficile, nous avons besoin d’un secteur bancaire fort pour soutenir les ménages et les entreprises, comme il l’a fait dans les pires moments de la pandémie ».
Plus d'articles du même thème
-
Apollo embarque Athora et l’Adic dans sa nouvelle machine à prêter européenne
Le gestionnaire américain lance European Credit Company, dotée de plus de 10 milliards d’euros de capacité de prêt, avec l’Adic, Athora, Norinchukin, Standard Chartered et une filiale de Temasek. -
Alphabet précède l’émission obligataire de Meta sur le marché euro
La maison mère de Google a réalisé lundi sa quatrième transaction obligataire sur le marché euro en un an et demi. Meta devrait suivre en dollar et en euro pour une transaction inaugurale sur six tranches. -
Ryanair réfléchit à de nouvelles pistes de réduction de coûts
Malgré une croissance de 4% de son chiffre d’affaires trimestriel, la hausse des prix du kérosène a entraîné un repli de 6% de son bénéfice après impôts.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3 -
EditorialLFI, le mensonge au quotidien
Les émules de Donald Trump ne sont pas toujours ceux que l’on croit