La banque régionale américaine NYCB continue d’inquiéter
Après une double dégradation de sa notation de crédit et des départs clés, New York Community Bancorp a annoncé un changement dans sa gouvernance sans réussir à rassurer les investisseurs.
Les difficultés de NYCB réveillent le spectre de la crise des banques régionales américaines de 2023
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Bloomberg
New York Community Bancorp (NYCB) continue d’effrayer les investisseurs. La banque régionale est en difficulté depuis l’annonce, fin janvier, d’une perte surprise et d’une division par trois de son dividende qui nourrit les doutes sur sa solidité financière.
Son action cotée à Wall Street s’était effondrée de 38% en une séance, entraînant dans son sillage l’ensemble des banques américaines de second rang. Depuis, les mauvaises nouvelles s’accumulent et le titre n’arrive pas à redresser la barre. A la clôture du 6 février, ses pertes s’élevaient à 60% en une semaine.
Vendredi, l’agence de notation Fitch a dégradé la note de crédit de NYCB de «BBB» à BBB-» avant que les analystes de Citi ne coupent leur objectif de cours sur la valeur de 11 à 7 euros. Après une baisse de 11% lundi en réaction, l’action a perdu 22% supplémentaires le lendemain suite à l’annonce du départ de deux dirigeants de l’entreprise, le responsable de la gestion des risques et celui de l’audit. Dans la soirée du 6 février, Moody’s a, à son tour, dégradé la note de la banque, de «Baa3» à «Ba2», basculant ainsi de deux crans sous le seuil d’entrer dans le high yield, ce qui risque de compliquer les refinancements et l’accès au marché interbancaire, soulignait un gérant crédit.
Pour rassurer les investisseurs, la banque a annoncé dès mercredi la nomination d’Alessandro DiNello en tant que président exécutif. L’ancien PDG de Flagstar Bank, rachetée par NYCB en 2022, était jusqu’à présent président non exécutif du conseil d’administration. Il épaulera le président et directeur général Thomas Cangemi.
Dans une conférence téléphonique rapportée par Reuters, Alessandro DiNello a cherché à apaiser les craintes en déclarant que la banque restait «solide» malgré la «situation sérieuse» qu’elle devait gérer. Il a également indiqué qu’un nouveau «chief risk officer» serait nommé très prochainement, que l’entreprise ne prévoyait pas de réduire son dividende à zéro, qu’elle pourrait céder des actifs non stratégiques, qu’elle réduirait son exposition à l’immobilier commercial et que ses dépôts au 6 février demeuraient supérieurs à leur niveau de fin 2023. Sans réussir à convaincre les investisseurs. Mercredi en début de séance, l’action NYCB perdait 7% supplémentaires.
Un tel marasme réveille le spectre de la crise de mars 2023 et contamine l’ensemble du secteur. L’indice KBW des banques régionales (code KRX) perdait 2% le 7 février et abandonne désormais 13% depuis fin janvier. L’indice plus large KBW (code BKX) qui intègre les grandes banques américaines recule de 6% sur la même période.
L’inflation a faibli en juillet pour le deuxième mois consécutif à 3,4%. La composante sous-jacente diminue également à 2,5%. Des chiffres bien accueillis par les marchés qui renforcent l’idée d’un maintien des taux par la Fed en septembre.
La probabilité d’une hausse de taux comme d’un statu quo en septembre est de 50%, alors que le rebond du pétrole a relancé les craintes d’une inflation persistante malgré un marché du travail au ralenti aux Etats-Unis. Les investisseurs scruteront l’inflation de juillet, publiée ce mercredi.
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