La Banque Postale poursuit le renforcement de ses fonds propres

Le groupe, qui a bénéficié fin 2013 d’un apport de plus de 1 milliard de La Poste, a profité des conditions de marché pour émettre un titre tier 2
Alexandre Garabedian

La Banque Postale continue à muscler ses fonds propres pour absorber la croissance de son activité. Le 11 avril, elle a émis 750 millions de titres subordonnés tier 2 à 12 ans à 152 pb au-dessus des swaps. Le placement a été souscrit pour moitié environ par des investisseurs français, assureurs ou sociétés de gestion.

«Notre précédent tier 2 de 750 millions d’euros émis en 2010 allait commencer à s’amortir de 20% par an à partir de 2015. Nous avons voulu anticiper le mouvement compte tenu des prévisions de croissance de l’activité de crédit de la Banque Postale, en profitant des excellentes conditions de marché actuelles», explique Stéphane Magnan, directeur des opérations financières de la banque.

Avant cette opération, l’établissement affichait un ratio de solvabilité de 13,9%, avec 6,9 milliards d’euros de fonds propres prudentiels à fin 2013, dont 928 millions de tier 2 et 800 millions de titres tier 1. Le ratio core tier one s’élevait à 11,4%.

Un niveau pas si confortable que cela. La filiale bancaire de La Poste fait croître rapidement ses activités de crédit, et donc ses besoins de capital. Elle est en outre désavantagée par le calcul de ses actifs pondérés en méthode standard. Elle travaille à un modèle interne, plus économe en capital, qui devra être approuvé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Sans doute après 2015, compte tenu de la complexité de ce chantier.

Enfin, la banque sera pénalisée par le nouveau ratio de levier de 3%. Compte tenu de son poids dans la collecte du Livret A, elle compte 77 milliards d’euros d’épargne réglementée à son passif, et donc autant à son actif, bien que ces fonds remontent à la Caisse des dépôts. L’application stricte du ratio équivaudrait à 2,3 milliards de fonds propres à mobiliser sur cette seule part de son bilan.

Pour ces raisons, la Banque Postale a déjà été recapitalisée pour plus de 1 milliard en décembre par sa maison-mère. Son siège lui a été apporté pour 228 millions et La Poste a souscrit 800 millions d’euros d’obligations «CoCo», convertibles en actions à sa main ou si le ratio de solvabilité de la banque tombe sous les 7%. Dans ce compartiment, la banque pourrait aussi solliciter les investisseurs. «Nous ne nous interdisons pas d’émettre un titre additional tier one qui pourrait s’intercaler, en termes de séniorité, entre les instruments souscrits par La Poste fin 2013 et la dette tier 2 que nous venons de lever», indique Stéphane Magnan.

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