La Banque Martin Maurel défend son modèle familial dans un environnement contraint
Malgré le contexte marqué par une réglementation jugée pénalisante et la persistance des taux bas, la Banque Martin Maurel, poursuit son chemin de banque familiale indépendante, une des dernières en France. Celle qui fête ses 190 ans cette année (le rapprochement entre Martin née en 1825 et Maurel créée en 1929 s’est fait en 1964), compte près de 500 collaborateurs pour 45.000 clients, essentiellement des PME familiales (30 % du chiffre d’affaires) et des clients patrimoniaux.
«Dans l’environnement actuel, tout change et rien ne change. Nous continuons à faire notre métier de banquier en développant un conseil de qualité très individualisé auprès de nos clients », assure Lucie Maurel-Aubert, directeur général de la banque et vice-président directeur général délégué de la Compagnie Financière Martin Maurel.
Comme ce fut le cas les deux années précédentes, les encours de crédits (1,77 milliard d’euros, +9% sur un an) ont progressé plus rapidement que les dépôts (1,08 milliard d’euros, +5,1%) en 2014, et le ratio crédits/dépôts atteint 61%, quasiment stable depuis deux ans. «Nous ne voulons pas qu’il dépasse 80%, pour ne pas avoir besoin du marché interbancaire. Nous voulons être ‘surliquide’ malgré les taux négatifs, c’est le prix de notre indépendance», explique Patrice Henri, président du directoire.
Le bénéfice net part du groupe de la banque a crû de 10,3% en 2014, à 16,9 millions d’euros. Son produit net bancaire a augmenté de 4,2%. La banque explique avoir abaissé son point mort grâce à des gains de productivité et a notamment amorti des investissements informatiques l’année dernière. «La Banque Martin Maurel dispose d’un ratio de solvabilité élevé, une liquidité très large et un montant total de trésorerie proche d’un milliard d’euros», résume Patrice Henri. Son ratio de fonds propres durs CET1 est quasiment stable sur un an, à 13,18%.
L'établissement développe depuis deux ans une activité de gestion auprès de la clientèle institutionnelle. Il enregistre 1,3 milliard d’euros d’encours auprès de ce segment, en progression de 30% sur un an. Martin Maurel continue aussi à regarder les opportunités de croissance externe dans la gestion ou les cabinets de conseil en investissement financier, mais n’a pas réalisé d’opérations l’année dernière.
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