La Banque d’Espagne durcit sa supervision bancaire
Elle jouissait jusqu’en 2011 d’une réputation hors pair. Mais les récentes accusations de l’association des inspecteurs de la Banque d’Espagne ont porté un nouveau coup à cette institution qui, depuis le début de la débâcle de Bankia, est devenue la cible de critiques acerbes.
Le superviseur « a réagi d’une facon excessivement douce par rapport aux infractions», peut-on lire dans le rapport d’ex-inspecteurs, qui accusent la Banque d’Espagne de manque de transparence et de passivité. «Les problèmes étaient connus mais il n’y a eu tout simplement aucune réaction», «la réaction habituelle face aux indices de délit était de regarder ailleurs», peut-on lire dans les extraits de ce rapport publiés par le quotidien El País. Pour José Ignacio Atance, manager senior chez Cumbria FSC, «le problème de l’Espagne n’est pas tant un problème de lois que de négligence à appliquer la norme».
Suite à ces accusations, qu’elle a qualifié de «vagues», la Banque d’Espagne reconnaît «avoir détecté quelques carences, imprécisions et manques d’actualisation des procédures qu’il conviendrait de corriger». En vue de réformer la supervision bancaire, une commission de la Banque d’Espagne a publié le 8 janvier un rapport «prévu dans le mémorandum adopté par les autorités espagnoles et européennes le 20 juillet 2012» qui couvre le prêt de 39,5 milliards d’euros accordé au pays pour restructurer le secteur. Parmi les réformes recommandées: «un suivi continu in situ des 16 établissements les plus importants» tous les six mois. Pour les autres, un «suivi à distance» est prévu, complété par une visite d’inspection tous les trois ans.
Jusqu’à maintenant, seuls Santander ou BBVA avaient des inspecteurs de la Banque d’Espagne in situ, mesure ensuite appliquée à La Caixa, Bankia, Sabadell et Banco Popular.
Montrée du doigt pour son manque d’anticipation de la crise financière, la Banque d’Espagne souhaite désormais analyser la situation des établissements tant au niveau micro que macroéconomique. Selon le rapport, «tous les portefeuilles de crédits importants seront inspectés, au moins tous les trois ans». José Ignacio Atance se demande pourtant «ce qui se serait passé si la Banque d’Espagne avait été plus stricte dans son contrôle du risque et de l’expansion du crédit» à partir de 2005. Selon lui, la construction aurait moins pesé dans l’économie espagnole mais les comptes publics n’auraient pas connu l’excédent dérivé de la bulle immobilière.
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