La «bad bank» espagnole professionnalise sa gestion
La structure de défaisance du secteur bancaire espagnol passe à la vitesse supérieure. La Sareb, créée en 2012 pour délester les banques de leurs actifs immobiliers toxiques, a annoncé hier la création d’un poste de directeur général, confié à Jaime Echegoyen, ancien patron de Bankinter et de Barclays dans le pays. La nomination s’accompagne d’une réorganisation plus vaste, avec la création de différents pôles, dont une direction commerciale, chargée de valoriser les actifs immobiliers hérités des banques, et une direction du recouvrement.
«Après une première année clé, dédiée à la connaissance du portefeuille et à l’ouverture des canaux de commercialisation», la Sareb espère ainsi «parvenir à une gestion commerciale plus intégrée de ses actifs, créer de la valeur dans le portefeuille d’actifs, et réaliser une gestion plus active du risque de crédit». La structure dépend notamment des banques pour la gestion des actifs qui lui ont été transférés: or, plusieurs prêteurs ont récemment vendu ces «servicers» à des fonds américains.
«La baisse des prix de l’immobilier et la dégradation de la qualité de crédit des prêts restent des défis majeurs pour les cash-flows et la profitabilité de la Sareb. La mise en œuvre de stratégies de liquidation efficaces sera critique», estimait le FMI dans son dernier rapport sur la réforme du secteur financier espagnol, publié le 20 février.
La Sareb a repris au total pour 50,5 milliards d’euros d’actifs immobiliers (biens saisis, prêts, parts dans des promoteurs). Son passif est constitué de dette senior garantie par l’Etat et vendue aux banques, ainsi que de 4,8 milliards de capital, dont 3,6 milliards de titres subordonnés souscrits par 28 établissements financiers. Alors que d’autres pays, comme l’Autriche, s’interrogent sur le nettoyage de leur secteur bancaire, la création de la Sareb a constitué l’un des éléments importants du retour de la confiance des investisseurs étrangers vis-à-vis de l’Espagne et de ses banques.
En 2013, la «bad bank» a vendu pour 3,8 milliards d’euros de créances et d’actifs immobiliers, et a pu amortir 2 milliards d’euros de dette. Son démarrage a cependant été plus lent que prévu, le rythme des cessions s’étant ensuite accéléré au deuxième semestre. L’exercice 2013 devrait se solder, sans surprise, par une perte, en raison des coûts de démarrage de la société.
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