Jefferies adresse une ultime réponse aux attaques de marché

Dans une lettre, l’établissement dénonce une campagne de « mensonges malveillants ». Il réduit encore son exposition aux titres souverains
Patrick Aussannaire

«Trop, c’est trop», lâche le président du comité exécutif de Jefferies, Brian Friedman, dans le Wall Street Journal. Avec une chute de son action de 31% depuis le 28 octobre, dernière cotation avant la faillite de MF Global, la banque d’investissement américaine a réagi en publiant lundi une lettre de son PDG Rich Handler dénonçant une campagne de «mensonges malveillants» et remettant les pendules à l’heure sur son exposition à la dette souveraine.

Après avoir réduit de 49,5% en début de mois son exposition aux obligations d’Etat des GIPSI (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne et Italie), Jefferies a annoncé une nouvelle coupe de 50%, soit un total de 75%. Rich Handler, dont la participation personnelle au capital de Jefferies a fondu de 248,7 millions de dollars dans la crise, rappelle qu’à 134 millions l’exposition nette du courtier «reste insignifiante», soit «environ 3,8% de nos capitaux propres».

Après avoir lancé les hostilités en dégradant sa note de «BBB» à «BBB-», l’agence Egan-Jones Ratings persiste en estimant dans une nouvelle note que Jefferies devrait procéder à une augmentation de capital de 1 milliard et à des cessions d’actifs de 5 milliards afin ramener le ratio de dette totale sur fonds propres de 90,4% à 86%. Dans une note qui met en exergue les nombreuses erreurs de calcul de l’agence, Merrill Lynch estime que «le marché ne devrait pas prêter grande attention compte tenu des erreurs de calculs qui jonchent ce rapport».

Et Goldman Sachs de rajouter que «la capacité de Jefferies à se refinancer sur le marché monétaire est vraisemblablement sûre à moins que les restrictions sur les marchés à court terme perdurent, conduisant à une dégradation de note». Brian Friedman estime que si la note tombait au même cran atteint en 2008 «il faudrait 100 millions de trésorerie auprès des chambres de compensation pour compenser la dégradation. C’est un montant très gérable».

Le bilan est soutenu par 8,2 milliards de capitaux à long terme, dont 3,5 milliards d’actions, 438 millions d’actions préférentielles, et 4,3 milliards de dette à long terme. Sur ces 4,3 milliards, 7,75% sont à refinancer dans les deux prochaines années. A une semaine de la publication de ses résultats, Jefferies prévoit un résultat d’exploitation au quatrième trimestre «plus solide que celui du troisième trimestre».

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