Jean-Pierre Denis détaille les raisons de son départ d’Arkéa
Arkéa a rompu son silence sur le départ de son président lors d’une conférence de presse mardi matin. Pour justifier sa décision, Jean-Pierre Denis n’a pas épargné le groupe Crédit Mutuel : « mon départ repose sur les constations que j’ai faites, il n’y a aucune raison liée au groupe Arkéa ». « La Confédération s’est immiscée dans des décisions relevant des instances d’Arkéa et a porté atteinte à ma liberté de choix. Un autre élément que je citerais est l’importance du climat qui pouvait régner à certains moments autour du groupe Arkéa avec un certain nombre d’opérations orchestrées par les poissons pilotes de la Confédération », s’est épanché l’ancien de l’Inspection des Finances en fustigeant le manque d’ouverture du Crédit Mutuel sur le projet d’indépendance d’Arkéa.
Il a précisé que cette décision avait été prise un an auparavant, mais que les escarmouches liées au projet d’indépendance, le passage du plan stratégique 2020 au plan Transitions 2024 et les conséquences économiques de la pandémie l’avaient décidé à attendre l’assemblée générale pour la mettre à exécution. Son absence lors de la présentation du nouveau plan stratégique et des résultats annuels laissaient déjà planer le doute.
Un projet d’indépendance toujours d’actualité
Son successeur devrait être trouvé d’ici au 11 mai, date de son départ effectif. Sans avoir fait appel à un cabinet de chasseur de tête, un groupe restreint de dirigeants planche sur des profils, tant en interne qu’en externe. Hélène Bernicot, directrice générale, a précisé que « s’il y a bien un sujet qui ne concerne pas la Confédération nationale, c’est le choix du Crédit Mutuel Arkéa sur le successeur. » En soulignant que son départ pouvait avoir le mérite de donner une nouvelle impulsion au groupe, Jean-Pierre Denis a aussi souhaité qu’on laisse à son successeur « le temps de faire les choses. Qu’on soit pour ou contre le projet d’indépendance, encore faut-il que le débat se fasse dans un climat calme et serein. »
Un projet qui selon lui n’est pas remis en question : « Sur le sujet de l’indépendance, mon départ ne modifie pas la donne. » « Nous voulons continuer de développer le modèle d’indépendance. Rester affilier au sein de la confédération n’est pas le moyen. Les axes des dernières années ne nous rassurent pas dans notre capacité à déployer notre modèle en toute autonomie », a renchéri Hélène Bernicot. Malgréles injonctions de la Confédération nationale, Arkéa ne croit pas en la possibilité d’arriver à l’autonomie en restant membre de la famille du Crédit Mutuel.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien