Intesa et UniCredit parviennent à réduire leurs créances douteuses

Les deux banques italiennes ont enregistré une forte progression de leur bénéfice net au troisième trimestre en dépit d’un contexte difficile
Yves-Marc Le Réour

Dans un contexte économique difficile, Intesa Sanpaolo et UniCredit ont dégagé toutes deux un bénéfice net largement supérieur aux attentes au troisième trimestre. Celui d’Intesa, première banque de détail de la Péninsule, a plus que doublé d’un an sur l’autre à 483 millions d’euros et il dépasse de plus de moitié la prévision du consensus qui tablait sur 307 millions. Quant à UniCredit, première banque italienne par ses actifs, son bénéfice net a été multiplié par plus de trois à 722 millions d’euros, contre un résultat de 493 millions anticipé par les analystes.

Les commissions nettes d’Intesa ont atteint 1,65 milliard d’euros, en hausse de 11,5% par rapport à la même période de l’an dernier. Ses provisions sur les pertes de crédit ont baissé de 13% à 3,5 milliards d’euros, en tenant compte des provisions exigées par la Banque centrale européenne. Le capital demeure solide avec un ratio de fonds propres (Tier 1) en hausse à 13% au 30 septembre, contre 12,9% à fin juin.

UniCredit a de son côté annoncé des provisions pour pertes sur crédit à 754 millions au troisième trimestre, en repli de 50% par rapport à la période équivalente de 2013. Cela est notamment dû à une baisse du niveau des créances douteuses en Allemagne et en Italie. Son ratio de fonds propres (Tier 1) s’élevait à 10,4% fin septembre, inchangé par rapport à fin juin. Son administrateur délégué Federico Ghizzoni a souligné qu’après ces résultats trimestriels, la banque est «très proche de son objectif de bénéfice net de 2 milliards d’euros pour l’année 2014», en ajoutant qu’il existait une marge de manœuvre pour accroître le dividende. Une décision à ce sujet sera prise avant la fin de l’année.

Le produit net bancaire des deux établissements a néanmoins baissé sur la période, de 3,2% pour Intesa et de 5,6% pour UniCredit. L’évolution de leur bénéfice d’exploitation diverge, puisque celui-ci progresse de 1,6% à 2,14 milliards d’euros pour la première, contre un repli de 3% à 2,15 milliards pour sa concurrente. «Le bénéfice opérationnel d’UniCredit reste faible, spécialement par rapport à la tendance enregistrée par Intesa», commente Fabrizio Bernardi, analyste chez Fidentiis Equities à Milan.

Intesa et UniCredit ont toutes deux passé avec succès les tests de résistance auxquels viennent d'être soumises les principales banques de la zone euro, neuf banques transalpines ayant échoué à ces test.

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