HSBC fustige les effets indésirables de la réglementation bancaire

Le président de la première banque européenne estime que les nouvelles exigences créent une aversion au risque démesurée et dangereuse
Simon Wizman
HSBC fustige les effets indésirables de la réglementation bancaire
HSBC fustige les effets indésirables de la réglementation bancaire  - 

Le premier semestre de HSBC n’entrera pas dans l’histoire. Le bénéfice imposable de la première banque européenne a diminué de 12%, à 12,3 milliards de dollars (9,2 milliards d’euros) en dessous du consensus fourni par la banque donnant 12,5 milliards. En plus d’une baisse de ses revenus dans les activités de marché, le groupe britannique pâtit d’un premier trimestre durant lequel son résultat a chuté de 20% par rapport à la période comparable de 2013, lorsqu’il avait profité de cessions d’actifs. Les revenus sous-jacents se sont contractés de 4% au premier semestre à 31,4 milliards de dollars, alors que les dépenses opérationnelles ont augmenté de 1,5% à plus de 18,2 milliards.

Mais plus que cette contre-performance opérationnelle, c’est la réglementation internationale qui a provoqué le mécontentement de Douglas Flint, le président de HSBC. Le dirigeant a fustigé ces nouvelles exigences «sans précédent». D’une part, elles coûtent cher à mettre en œuvre: 800 millions de dollars selon la banque. D’autre part, elles pèsent sur le comportement du personnel en le dissuadant de prendre des risques. «Il existe un danger bien visible et toujours plus prégnant d’une aversion au risque démesurée s’insinuant dans le processus de prise de décision de nos sociétés et de nos salariés, lesquels, se demandant ce qui pourrait bien faire l’objet de critiques a posteriori et percevant une absence totale de tolérance à l’erreur, cherchent à protéger la société et eux-mêmes de toute sanction future», a lancé Douglas Flint. HSBC s'était vue infliger une amende de 1,9 milliard de dollars en 2012 pour avoir violé les régles américaines concernant le blanchiment d’argent au Mexique.

Dans ce contexte, Douglas Flint a insisté sur la nécessité de continuer «à mettre en œuvre nos trois priorités stratégiques que sont le développement de nos activités et de nos dividendes, l’application de notre programme de standards globaux, et la rationalisation de nos procédures». En 2011, la banque britannique a lancé un plan de redressement visant une rationalisation des coûts et une simplification de sa structure afin de la rendre plus efficace et ainsi d’améliorer le rendement de ses actionnaires. Pour mener à bien cette stratégie, la banque britannique a supprimé quelque 40.000 emplois et cédé 60 filiales en quatre ans.

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