HSBC cède la tenue de compte de son épargne salariale à Natixis
L’épargne salariale a toujours eu une place à part chez les gestionnaires. Cette activité regroupe en effet deux métiers bien distincts : la gestion financière des produits financiers d’un côté, et la tenue de compte de l’autre. HSBC a annoncé dans un communiqué avoir signé un protocole d’accord avec Natixis Interépargne pour lui céder HSBC Epargne Entreprise, regroupant ses services de tenue et de conservation des comptes en épargne salariale en France. Cette opération s’accompagnerait d’un transfert «volontaire» du personnel de HSBC chargé de ces fonctions vers Natixis.
Cette cession, dont les conditions financières n’ont pas été divulguées, apparaît logique. Si la gestion de produits d’épargne salariale reste rémunératrice, la tenue de compte l’est beaucoup moins et demande d’atteindre une taille critique. Or, les 4 milliards d’euros gérés par HSBC IM sur l’épargne salariale, pour 210.000 épargnants, apparaissent bien insuffisants pour faire de la conservation stricto sensu une activité rentable.
HSBC n’a cependant pas l’intention d’abandonner ses activités de gestion d’épargne salariale, bien au contraire. «Le protocole d’accord signé avec Natixis Interépargne, l’un des leaders sur ce marché, nous permettrait d’accompagner nos ambitions de croissance sur ce marché en France», précise Isabelle Bourcier, directrice générale de HSBC Global Asset Management France. Cette délégation de la tenue de compte se rapproche, en certains points, de l’accord que HSBC a déjà conclu avec Axa en 2022 sur les offres assurantielles d’épargne retraite.
Accord de distribution
Côté Natixis, la situation est sensiblement différente de celle de HSBC. La filiale de BPCE est déjà teneur de compte pour 3,2 millions d’épargnants. «Ce projet d’acquisition d’envergure permettra à Natixis Interépargne d’accentuer son leadership et celui du Groupe BPCE en épargne salariale et retraite, dans un marché en plein essor», explique, dans un communiqué distinct, Philippe Setbon, directeur général de Natixis Investment Managers. Le groupe ne cache pas non plus ses ambitions de développer ce type de partenariats avec d’autres acteurs de la gestion à l’avenir.
Cette cession n’est pas un simple transfert de compétences. Elle s’accompagne aussi d’un accord de commercialisation, au moins aussi important. HSBC conserverait la relation commerciale avec ses clients – constitutif du cœur de la valeur de l’épargne salariale – tandis que Natixis pourra proposer, au sein des fonds communs de placement d’entreprises de HSBC, des offres conçues avec des produits issus de la galaxie de ses sociétés de gestion partenaires. Un juste partage des bénéfices qui, à en croire les multiples de valorisation très élevés du spécialiste de l’épargne salariale Eres, sont plus que confortables.
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