Groupama augmente ses bénéfices mais pas ses fonds propres
Groupama affiche des résultats en nette progression au premier semestre malgré l’impact de la dépréciation de la dette grecque. Exposé en juste valeur nette à hauteur de 540 millions d’euros aux titres souverains grecs, l’assureur a passé dans ses comptes une charge nette totale de 84 millions.
Le cas grec soldé, Groupama reste exposé sur des montants importants aux dettes italiennes et espagnoles, victimes de la défiance des marchés ces dernières semaines, à hauteur de 1.542 millions et 671 millions respectivement. Mais il n’envisage aucune dépréciation sur ces titres. «Il ne faut pas céder à une panique collective. L’Italie et l’Espagne sont des pays pour lesquels nous excluons un défaut et donc il n’y a pas de raison de faire des provisions sur ces dettes souveraines», a affirmé Christian Collin, le directeur général finance et risques.
Groupama a dégagé un bénéfice net de 147 millions d’euros au premier semestre, en hausse de 16% sur un an malgré un recul de 2,5% de son chiffre d’affaires. Son ratio combiné a baissé de 5 points de base, à 99,6% et le groupe a pour objectif de moyen terme un ratio situé autour de 98%. Les revenus des activités d’assurance de la personne ont reculé de 9,9% en données constantes tandis que celles d’assurance de biens et responsabilité ont progressé de 4,5%.
Les fonds propres de Groupama restent stables à 4,3 milliards d’euros, de même que sa marge de solvabilité à 130%. Hier soir, Fitch a abaissé d’un cran la note de Groupama , à A-, évoquant l’insuffisance de ses fonds propres au regard de son exposition aux dettes des Etats du sud de l’Europe.
«Les résultats sont en amélioration mais fondamentalement, la société reste faible au niveau de son capital», estime Philippe Picagne, analyste chez CreditSights. Mi-juillet, le journal Les Echos avait révélé que Groupama prévoyait une augmentation de capital auprès de ses caisses régionales, laissant supposer qu’il cherchait à rassurer les investisseurs en se recapitalisant préalablement à une introduction en Bourse. «C’est une opération qui est envisagée dans la perspective de l’ouverture du capital de Groupama. Le seul objectif est de limiter la dilution des caisses régionales le jour où nous procéderons à l’introduction en Bourse», a assuré Christian Collin. Il a précisé que le montant de 500 millions d’euros cité par le quotidien avait été évoqué mais qu’aucune décision n’avait été prise en la matière.
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