Groupama arbitre le coût de sa dette pour gagner en flexibilité financière
Groupama se donne des marges de manœuvre financières, en refinançant une partie de sa dette subordonnée. L’assureur mutualiste a en effet annoncé jeudi le placement de titres subordonnés à durée indéterminé (TSDI) auprès d’investisseurs institutionnels, pour un montant de 1,1 milliard d’euros, avec un coupon annuel de 6,375%, dans le cadre d’une offre d’échange lancée le 7 mai.
Les nouveaux titres, cotés sur Euronext Paris, avaient vocation à se substituer aux 493 millions d’euros de TSDI émis en 2005 et appelables («callable») dès l’année prochaine, ainsi qu’à une partie du milliard d’euros de titres super-subordonnés (TSSDI) émis en 2007, avec un call en 2017. La règle veut que l'émetteur exerce son option de rachat des titres à la première date. L’émission permet à Groupama d’allonger considérablement la maturité de son profil de dette, puisque la date de remboursement anticipé des nouveaux TSDI est fixée à 2024. Mais cette flexibilité a un coût: les coupons des tranches 2005 et 2007 étaient inférieurs (4,375% et 6,298%).
En outre, le mutualiste a voulu profiter de bonnes conditions de marché, tant en raison d’un environnement de taux bas que de la demande des investisseurs – en témoigne le succès des émissions d’Axa et de Generali ces dernières semaines.
«L’opération a rencontré un large succès auprès des porteurs institutionnels des deux instruments puisque le taux de transformation a atteint 91% sur les titres subordonnés et le plafond de 55% fixé par le groupe sur les titres super-subordonnés», s’est félicité l’assureur. Groupama a fixé une limite à l’échange des TSSDI pour éviter – en cas de succès – de devoir refinancer 1,5 milliard d’euros dans 10 ans. Un montant disproportionné par rapport à la taille des émissions benchmark dans l’assurance, plus proches de 500 millions d’euros.
Groupama intervient peu sur le marché. Sa dernière émission date de 2009. Afin de se confronter au marché primaire et de fournir un élément de valorisation à ses créanciers, l’assureur a souhaité émettre une souche de 100 millions d’euros de new money. Elle a été sursouscrite 10 fois.
En outre, en émettant des TSDI, Groupama a choisi des titres particulièrement favorables aux investisseurs en termes d’absorption des pertes et de remboursement anticipé. Non compatibles avec Solvabilité 2, les TSDI bénéficient tout de même de la clause de grand-père et sont donc assimilables à du capital réglementaire restricted tier one.
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