GE Capital privilégie la Bourse pour maximiser la valeur de son crédit à la consommation
Jeffrey Immelt, le patron de General Electric, avait annoncé la couleur au mois de mai : il souhaite recentrer le conglomérat sur ses activités industrielles et réduire le poids des activités financières dans le total de bilan. L’option d’une mise en Bourse de la division de crédit à la consommation aux Etats-Unis, évoquée alors par les analystes financiers, prend corps, à en croire le Wall Street Journal. Le groupe a mandaté JPMorgan et Goldman Sachs pour plancher sur un projet d’IPO qui pourrait aboutir début 2014.
Les activités considérées pesaient à fin juin un peu plus de 50 milliards de dollars d’actifs sur un total de prêts au bilan de 274 milliards pour la filiale financière GE Capital. Le conglomérat avait déjà envisagé fin 2007 de vendre uniquement ses cartes de crédit aux Etats-Unis, mais il n’avait pu trouver preneur à des conditions acceptables. La dernière transaction d’envergure dans ce secteur date d’août 2011. Capital One avait alors racheté les quelque 30 milliards d’euros d’encours de cartes de crédit de HSBC outre-Atlantique, à un prix de 2,75 milliards, soit 8,75% de la valeur nominale du portefeuille. Appliqué à celui de GE Capital, ce multiple aboutirait à une valeur de 4,4 milliards de dollars.
Mais les limites posées par les autorités de la concurrence américaines à l’expansion des grandes banques réduisent le champ des acquéreurs potentiels. Et Jeffrey Immelt, qui relevait en mai que «les marchés financiers sont très réceptifs aux IPO», espère sans doute extraire davantage de valeur grâce à la Bourse. Le groupe américain de services financiers aux particuliers Discover, avec un total de bilan de 75 milliards de dollars, affiche une capitalisation boursière de 23 milliards et une action en hausse de 23% depuis le 1er janvier.
GE, dont la filiale financière est considérée comme systémique par les régulateurs américains, se séparerait ainsi de métiers qui lui ont donné des sueurs froides au plus fort de la crise fin 2008 et début 2009, mais qui se sont révélés robustes ensuite. «La décision de conserver l’activité cartes de crédit a bénéficié à GE Capital, puisque l’ensemble de la division particuliers a représenté 50% des profits [de la filiale financière] sur 2010-2012», soulignaient en mai les analystes de CreditSights.
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