Fitch s’inquiète de l’exposition des banques américaines à l’Europe
Les banques américaines pourraient être lourdement affectées si la crise de la dette des pays de la zone euro en difficulté s’étendait à d’autres Etats, bien qu’elles aient massivement réduit leur exposition à l’Europe depuis un an, prévient Fitch.
«Fitch pense qu’à moins que la crise de la dette en zone euro ne soit résolue dans les temps et de manière ordonnée, les perspectives générales des banques américaines vont s’assombrir», craint l’agence. Elle souligne que le risque d’un «choc négatif» augmente et pourrait modifier les notes de crédit de ces banques, dont la perspective est pour l’instant stable.
L’exposition nette totale aux économies GIIPS (Grèce, Italie, Irlande, Portugal et Espagne), toutes contreparties confondues, s’élevait au troisième trimestre à seulement 50 milliards de dollars au total pour BoA, Goldman Sachs, Morgan Stanley, JPMorgan, Wells Fargo et Citi, soit en moyenne 0,5% de leurs actifs. Une situation «gérable» selon Fitch.
Mais une contagion à d’autres pays européens pourrait avoir des conséquences bien plus lourdes puisque ces établissements sont surtout exposés aux plus grandes économies. Les encours sur la France des cinq plus grandes banques américaines atteignent 188 milliards de dollars, indique Fitch, dont 114 milliards sur les banques. Pour le Royaume-Uni, ces montants sont respectivement de 225 milliards et 51 milliards.
Même si l’exposition des banques est sécurisée et couverte, l’agence de notation s’inquiète néanmoins du manque probable d’efficacité de ces protections. Si les banques se sont en partie couvertes via des CDS, «cette tactique pourrait se révéler problématique si un renoncement ‘volontaire’ de la dette se répandait davantage et que les CDS n'étaient pas déclenchés», anticipe Fitch. Le risque de contrepartie est également évoqué dans le cas où les fournisseurs de couverture sont exposés aux mêmes marchés. Le danger vient aussi des conséquences de cette crise sur les marchés de capitaux où les grandes banques américaines tirent une large part de leurs revenus. La qualité de leurs actifs pourrait en être affectée.
Alors que cette note de Fitch a eu pour effet de faire chuter leurs cours à New York, HSBC la juge alarmiste et estime qu’elle présente le «scénario du pire», estimant au contraire que les banques américaines pourraient bénéficier d’un statut de valeur refuge en cas de détérioration de la situation en zone euro.
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