Fitch juge insuffisants les fonds propres de Dexia et de Groupama
Le vrai ratio de fonds propres durs de Dexia n’est que de 3,1% ! Selon les calculs de Fitch, telle était la situation de la banque franco-belge à la fin du deuxième trimestre, soit beaucoup moins que le niveau de 10,3% de ratio core tier one affiché dans ses comptes au 30 juin. Ce dernier ratio officiel prend en effet en compte la réserve de réévaluation d’un portefeuille d’actifs disponibles à la vente, aujourd’hui comptée dans les fonds propres réglementaires, mais qui sera progressivement déduite avec l’application des règles de Bâle 3 (CRD 4).
Si Fitch a confirmé la note de long terme de Dexia à A+, elle a en revanche abaissé sa note de «viabilité», qui évalue la qualité de crédit intrinsèque des banques, à «b+» contre «bb». «Si les marchés financiers continuent à dysfonctionner pour une période prolongée, la réduction du bilan comme l’accès au financement deviendront plus difficiles», prévient Fitch. L’exposition de Dexia aux dettes souveraines de la zone euro, et notamment à la Grèce (3,8 milliards d’euros), pourrait s’ajouter à ces difficultés.
«Le conseil d’administration et les actionnaires de Dexia, qu’ils soient publics ou privés, excluent tout scénario de scission du groupe», a cependant réafirmé hier Jean-Luc Dehaene, le président de la banque, à l’issue d’un conseil.
Dans une moindre mesure, l’agence fait le même reproche à Groupama et réduit de deux crans sa note de crédit de long terme de BBB+ à BBB-, après la sanction de S&P le 23 septembre (de BBB+ à BBB). L’assureur n’est plus qu’à un cran de la catégorie spéculative. Une catégorie où figure désormais sa dette subordonnée, abaissée à BB. Toutes les perspectives sont négatives.
Fitch justifie son action par la détérioration du niveau de capital de l’assureur après les turbulences intervenues sur les marchés financiers. Groupama compte en effet près de 2 milliards d’euros de moins-value latentes sur ses grandes participations cotées. L’abaissement de la note subordonnée s’explique par le risque accru de report de paiement de coupon du fait de la baisse de la solvabilité réglementaire.
Fitch pourrait retirer sa perspective négative si la direction du groupe engageait des actions fortes pour renforcer le capital, ou abaisser à nouveau la note faute d’amélioration. Pour l’agence, le principal défi de Groupama sera la gestion de la baisse de son exposition aux actions ainsi qu’aux dettes des pays du sud de l’Europe.
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