Erste Bank prévoit jusqu’à 1,6 milliard d’euros de perte nette pour 2014
La boulimie d’acquisitions d’Erste Bank en Europe centrale et orientale avant 2008 n’en finit pas de peser sur la banque autrichienne. Dans un communiqué publié hier soir, elle estime désormais à environ 2,4 milliards d’euros le montant de ses provisions pour créances douteuses sur l’ensemble de 2014, soit une augmentation de 40% par rapport à ses précédentes prévisions.
Cette révision en hausse est imputable au changement imminent de la réglementation hongroise sur les crédits libellés en devises étrangères et à la volonté renforcée de la Banque centrale roumaine de réduire le montant des prêts improductifs (non performing loans).
En Roumanie où Erste Bank contrôle la première banque du pays, elle procédera à une dépréciation pouvant atteindre 800 millions d’euros qui portera sur la totalité des actifs incorporels (survaleurs, marque, clientèle), à laquelle s’ajoutera sans doute une dépréciation de 200 millions d’euros sur des impôts différés. Erste Bank anticipe donc pour l’exercice en cours «une perte nette comprise entre 1,4 et 1,6 milliard d’euros», mais ne prévoit pas d’augmentation de capital puisque son ratio de fonds propres (CET1) de «Bâle 3 plein» devrait s’élever à 10% en fin d’année. Elle avait augmenté son capital l’an dernier de 660 millions d’euros afin de renforcer sa structure de bilan et de rembourser l’aide publique reçue durant la crise.
«En prenant ces mesures, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir afin d’éviter la répétition de ces éléments exceptionnels à partir de 2015», a commenté le directeur général Andreas Treichl. Le groupe bancaire table ainsi sur une normalisation de son coût du risque dès 2015 en Roumanie et sur une baisse progressive à partir de 2016 en Hongrie, où elle est propriétaire du deuxième plus grand établissement bancaire du pays.
La banque autrichienne fait partie des 128 groupes bancaires européens qui font l’objet d’un examen de la qualité des actifs (AQR), procédure qui sera suivie de tests de résistance réalisés à l’échelle de l’Union. Soucieuse d’éviter des fuites qui auraient des incidences sur les marchés, la BCE veut éviter que les banques soient surprises par des exigences en capital qu’elles n’auraient pas anticipées. Elle rencontrera donc la semaine prochaine certains représentants des banques de la région pour évoquer avec eux la publication des résultats de l’AQR.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose