Embourbé dans les affaires, Barclays va réduire sa banque d’investissement
La banque britannique Barclays traverse une passe difficile. Elle a enregistré une baisse de 23% de son bénéfice au troisième trimestre et se trouve être la cible de deux nouvelles enquêtes aux Etats-Unis, prélude à une réduction de voilure dans la banque d’investissement et à des suppressions d’emplois, selon le nouveau directeur général de la banque, Antony Jenkins.
Après ces annonces, ce mercredi matin, le titre de Barclays a perdu 4% à 229,25 pence en Bourse de Londres en début de séance.
Entre juillet et septembre, Barclays a dégagé un bénéfice imposable ajusté de 1,73 milliard de livres (2,15 milliards d’euros) grâce aux solides profits de sa banque d’investissement. Conforme au consensus, ce résultat est à comparer au profit de 1,34 milliard de livres enregistré lors du troisième trimestre 2011. Toutefois plusieurs éléments altèrent ce résultat. Il s’agit notamment de la charge de 700 millions de livres passés sur le dossier des clauses de certaines assurances crédit dont des clients britanniques de la banque ont été victimes et qui réduit le bénéfice à 1,03 milliard de livres, soit une baisse de 23%. De même, si l’on inclut la perte de 1,1 milliard de livres générée par la revalorisation de sa propre dette, Barclays afficherait une perte nette de 47 millions de livres au troisième trimestre. L’avenir ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices. Le groupe a précisé que le mois d’octobre a été affecté par « l’environnement
économique difficile et des volumes réduits sur les marchés ».
Au chapitre judiciaire, la banque a annoncé être au centre d’une nouvelle affaire. Selon Barclays, le département de la Justice américain et la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité des marchés financiers aux Etats-Unis, cherchent à établir si ses relations avec des tierces parties qui l’ont aidée à gagner ou à conserver des contrats sont conformes au Foreign Corrupt Practices Act, la loi anti-corruption américaine.
Le groupe, déjà ciblée par les soupçons de manipulation des taux Libor, est également visé par une enquête des autorités financières et anti-fraude britanniques pour des paiements au profit d’investisseurs du Qatar qui ont investi plusieurs milliards de livres à son capital il y a cinq ans, lui permettant ainsi d'échapper à une nationalisation au Royaume-Uni. Barclays a également expliqué faire l’objet d’investigations de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) américaine sur des soupçons de manipulation des prix de l'électricité dans l’ouest des Etats-Unis sur une période allant de fin 2006 à 2008. La FERC pourrait notifier des sanctions financières dès ce mercredi, a précisé le groupe bancaire, ajoutant avoir l’intention de se défendre « vigoureusement » dans ce dossier.
Antony Jenkins, nommé fin juillet après la démission de Bob Diamond, a engagé une revue stratégique des activités avec pour objectif de changer la culture d’entreprise du groupe tout en augmentant sa rentabilité. Ce processus va, selon lui, aboutir à des suppressions d’emplois et une réduction de la voilure dans la banque d’investissement.
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