Edenred pourrait conserver son actuel rythme de croissance en 2018
Accélération. Tous les indicateurs sont au vert pour Edenred avec une croissance sur ses deux métiers et dans toutes les zones géographiques. Le groupe de services prépayés a enregistré une croissance organique de 13,8% de son chiffre d’affaires opérationnel (+9,8% hors Venezuela) à 319 millions d’euros au premier trimestre 2018. En données publiées, il ne progresse que de 2,9%, affecté par les effets changes, particulièrement le real brésilien. «Ce rythme de croissance est soutenable pour l’ensemble de l’exercice», confie à L’Agefi, Patrick Bataillard, directeur général Finances d’Edenred. Toutefois, le groupe préfère prudemment confirmer ses objectifs de moyen terme, à savoir une croissance organique de son chiffre d’affaires opérationnel de plus de 7%, et une croissance du résultat d’exploitation (Ebit) opérationnel supérieure à 9%. «Notre marge opérationnelle continuera à s’améliorer cette année», assure Patrick Bataillard. Pour certains analystes, une dévaluation de 15% du real face à l’euro coûterait 20 millions d’euros d’Ebit à Edenred.
Sur son métier historique, les avantages aux salariés (deux tiers du chiffre d’affaires opérationnel), Edenred a accéléré la cadence au premier trimestre, avec une croissance organique de 10,9%, contre 6,6% sur l’ensemble de l’exercice 2017. «En Europe, nous bénéficions d’un contexte économique porteur, d’une position de leader (numéro 1, 2 ou 3 sur chacun de nos marchés), de nos nouvelles solutions et de notre développement sur le marché des PME, explique Patrick Bataillard. L’Amérique latine va mieux. Toujours en recul, le Brésil se redresse progressivement et affichera une croissance organique positive sur l’ensemble de l’année 2018».
En revanche, et même si la croissance ralentit sur les solutions de mobilité professionnelle, avec une hausse organique de 14,7% au premier trimestre, contre 19,7% sur l’exercice 2017, elle reste porteuse. «L’intégration d’UTA, qui affiche une croissance d’un peu plus de 10% s’améliore grandement même si elle n’est pas encore à la hauteur des 14% du groupe», poursuit Patrick Bataillard.
Conquête des PME
Fort d’une croissance organique soutenue et de nombreuses acquisitions (pour 280 millions d’euros en 2017), Edenred est devenu «le leader des systèmes de paiement au service du monde du travail, confie Bertrand Dumazy, PDG d’Edenred. Notre mouvement de digitalisation à vitesse rapide répond à l’évolution des modes de consommation, avec notamment le paiement par mobile ou encore notre récent accord avec Deliveroo en France permettant aux porteurs français de la carte Ticket Restaurant de se faire livrer leurs repas. Cette digitalisation nous permet d’améliorer la qualité de nos back-offices au service d’une plus grande satisfaction de nos clients et de gagner en efficacité». Edenred vise un taux de digitalisation de 85% en 2020, contre 70% en 2016 et 78% en 2017.
Cette transformation du groupe passe aussi par la conquête des PME, un marché encore peu pénétré, qui permet d’étendre le terrain d’action d’Edenred. «Les PME sont plus fidèles et offrent des marges plus élevées que les grands groupes, précise Patrick Bataillard. Elles pèsent environ un tiers de notre activité d’avantages aux salariés, mais affichent un taux de progression de 40% dans certains pays.»
Fin 2017, Edenred affichait une dette nette de 713 millions, d’une maturité de six ans, sans échéance majeure avant 2025. Le ratio d’endettement ressort à 1,4 fin 2017. «Nous pourrions monter jusqu’à un levier d’environ 3, confie Bertrand Dumazy. Nous avons la capacité de financer notre croissance externe, avec un montant d’acquisitions annuelles de 200 à 400 millions d’euros en valeur d’entreprise. Notre puissance de feu nous permet même d’aller jusqu’à 800 millions ou 1 milliard d’euros.»
Renforcement en Asie
Le groupe veut se développer sur ses deux métiers. «Sur les avantages aux salariés principalement en Amérique latine, et dans les solutions de mobilité professionnelle davantage en Europe, où les opportunités sont plus nombreuses, précise Bertrand Dumazy. En outre, le désengagement possible des sociétés pétrolières de leurs activités de distribution de carburant en Asie pourrait nous offrir des opportunités d’acquisitions.»
Autre objectif d’Edenred, le renforcement en Asie, un marché faiblement pénétré et où il est très peu présent. «Nous voulons être plus forts dans cette zone qui représente 40% de la croissance économique mondiale, ajoute Bertrand Dumazy. Si nous n’avons pas encore trouvé la bonne clé d’entrée, notre hub à Singapour et nos investissements dans des business developers locaux nous permettent d’étudier les produits spécifiques à l’Asie, qui pourraient être à terme importés en Europe et en Amérique latine.»
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