Ecureuil et Banques Populaires publient leurs bans dans la douleur
Le nouveau groupe Caisses d’Epargne– Banques Populaires a été porté hier soir sur les fonts baptismaux. Du moins dans ses principes. Le rapprochement des organes centraux des deux banques mutualistes, CNCE et BFBP a été officialisé hier soir. Les deux groupes devraient signer un memorandum of understanding mi-mars, pour une fusion effective au 1er juillet.
Le schéma est conforme aux prévisions. Le nouvel organe central portera la participation de 72% dans Natixis, ainsi que la Société marseillaise de Crédit, Océor, GCE Assurances, BCP et les 17,7% des Caisses d’Epargne dans l’assureur CNP. Il exclura en revanche les participations des Banques Populaires en Europe de l’Est, dans Foncia, DZ Bank et Ma Banque, et celles de l’Ecureuil dans le Crédit Foncier, Meilleurtaux, la Banque Palatine et Banca Carige.
François Pérol prendra la présidence du directoire, assurant dans l’intervalle celle de la CNCE et la direction générale du Groupe Banque Populaire à compter du 2 mars. Il deviendra aussi président de Natixis, la banque de gros se transformant en société à conseil d’administration. Philippe Dupont, désormais président non exécutif des Banques Populaires, présidera pour deux ans le conseil de surveillance de l’ensemble.
Quant à l’Etat, il souscrira, «pour un montant total évalué à un maximum de 5 milliards d’euros», des actions de préférence convertibles en actions ordinaires au bout de trois à cinq ans et des titres subordonnés. Les conditions de cette injection doivent encore être précisées. Mais elle devrait coûter environ 500 millions d’euros par an.
Reste à faire de ce mariage signé dans la douleur une réussite. Hormis une restructuration des organes centraux, les synergies industrielles ne sautent pas aux yeux. La création de Natixis a déjà servi à mutualiser les usines de production des deux banques (gestion, monétique, titres…), à l’exception de l’assurance.
Toute la manœuvre ne vise en fait qu’à consolider les fonds propres de l’ensemble pour lui permettre de porter le risque Natixis, à qui il faudra des années pour se débarrasser de ses actifs à problèmes. «Que Natixis soit notre principal problème aujourd’hui est une évidence. Le fait que les deux groupes aient l’impérieuse nécessité de renforcer les fonds propres en est la conséquence», a reconnu hier Alain Lemaire, le directeur général de l’Ecureuil. Espérons que cela suffise.
Plus d'articles du même thème
-
Le patron des marchés privés de Schroders est sur le départ
Georg Wunderlin, le patron des marchés privés de Schroders, prévoit de quitter le gestionnaire londonien, en cours d’absorption par l’américain Nuveen, selon des informations de Bloomberg. Il doit rester dans le groupe jusqu'à fin octobre. D’après Bloomberg, le directeur général du groupe, Richard Oldfield, devrait prendre directement la responsabilité de l’activité marchés privés. Georg Wunderlin était arrivé en 2019 comme responsable des actifs privés et avait pris le poste de CEO de Schroders Capital il y a moins de deux ans. Avant, il dirigeait HQ Capital et avait occupé des fonctions senior chez UBS, après des débuts chez Boston Consulting Group. -
Les fonds d’actions européennes ont connu leur plus forte collecte hebdomadaire depuis février
Les stratégies d’actions européennes ont enregistré 1,3 milliard de dollars d’entrées nettes sur la semaine, selon le Flow Show de Bank of America. -
BNP Paribas AM réorganise sa direction en Suisse
La société de gestion a nommé Frederick Widl comme nouveau directeur général de la succursale helvétique.
ETF à la Une
Arnaud Gihan (BlackRock) : « Les ETF permettent aux CGP de construire des solutions sur-mesure pour les clients »
Contenu de nos partenaires
-
Pas vu pas prisAffaire Bardella : le RN continue de faire bloc, Marine Le Pen veut enjamber la crise
Preuves contestées, média attaqué, cadres mobilisés : le RN continue de soutenir Jordan Bardella, qui opte pour une stratégie jusqu’au-boutiste. La candidate à l'Elysée, plutôt que de s’exposer davantage, tente de mettre l'affaire à distance -
Emmanuel Macron : les pays du G7 vont libérer « jusqu’à 100 millions de barils » pour faire baisser les prix des carburants
La décision, annoncée par le président français, pourrait faire baisser les prix des carburants à la pompe -
Tu casses, tu payesBlocus des lycées : « faire payer les réparations » aux parents, est-ce vraiment possible ?
Gérald Darmanin a demandé aux procureurs de requérir la « responsabilité civile » des parents des mineurs impliqués dans les dégradations des lycées. Une procédure semée de plusieurs embûches