Donald Trump reste le meilleur allié des banques américaines
Tout Wall Street a applaudi mercredi à la victoire de Donald Trump, mais l’on a dû sabler le champagne dans les banques américaines. Citi, JPMorgan ou encore Goldman Sachs ont fait des étincelles en Bourse à l’annonce des résultats du scrutin, et pas seulement parce que le succès net et sans bavure du prochain président écarte tout risque de tensions politiques à court terme. Profitant comme toutes les entreprises de la perspective d’une baisse du taux d’impôt sur les sociétés, ces mastodontes entrevoient aussi une nouvelle ère de dérégulation bancaire. Une bonne nouvelle à court terme alors que des fonds d’investissement comme Apollo et KKR leur taillent des croupières sans avoir à supporter les mêmes contraintes en capital. Elle s’accompagnerait d’un grand coup de balai à la tête des agences fédérales chargées de surveiller les acteurs de la finance.
Partisan déclaré du laisser-faire en la matière, Donald Trump avait déjà détricoté lors de son premier mandat une partie des règles votées par l’administration Obama dans le sillage de la faillite de Lehman Brothers. La supervision avait été recentrée sur les plus grandes banques, et offert davantage de liberté aux établissements de crédit régionaux qui abondent aux Etats-Unis. Ce laxisme à la mode Trump 1.0 a contribué à la mini-crise de mars 2023, déclenchée par la chute de Silicon Valley Bank. Pas assez gros, le prêteur californien à la gestion financière calamiteuse était passé sous les radars des autorités de tutelle.
Pour corriger le tir, la Réserve fédérale comptait imposer un cadre plus exigeant aux établissements de crédit, à l’occasion de la transposition aux Etats-Unis des dernières normes du Comité de Bâle, l’instance internationale qui élabore les exigences en capital du secteur. L’intense lobbying des banquiers américains, campagne de publicité à l’appui, a d’abord conduit la Fed à revoir cet été sa copie dans un sens moins restrictif. C’est encore trop aux yeux des JPMorgan et autres Bank of America, qui peuvent espérer l’abandon complet du projet sous le second règne de Donald Trump. La rupture de l’équité concurrentielle avec les banques européennes, censées mettre en œuvre dès l’an prochain les règles finales du paquet Bâle 3, serait alors consommée.
A lire aussi : SVB, un candidat tout désigné au «bank run»
Plus d'articles du même thème
-
Le gouvernement turc crée un conseil pour la liquidation forcée des fonds
De nouvelles mesures ont été discutées pour le renforcement de la supervision des marchés en Turquie, a annoncé le président turc Recep Tayyip Erdogan. -
La FCA officialise l'allègement du reporting climatique des sociétés de gestion
Le régulateur britannique a supprimé certaines obligations pour les gestionnaires d’actifs afin d’économiser environ 20 millions de livres sterling par an, d’après son estimation. -
Les agences changent leurs notations sur les titrisations de prêts à effet de levier
Fitch et Moody’s ont modifié cet été leurs grilles d’évaluation pour relever la notation de centaines de tranches de titrisations adossées à des prêts à effet de levier («leveraged loans») plutôt risqués. Cette démarche ravive la crainte de voir le crédit structuré présenté comme plus sûr qu’il ne l’est réellement. Comme avant 2007.
ETF à la Une
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le gendarme bancaire et financier alerte à nouveau sur le risque quantique
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Wero engage sa seconde croisade en Europe, soutenu par BNP Paribas
Contenu de nos partenaires
-
AmbitionsJeunes talents, financements... La Chine se met en ordre de bataille sur la R&D
Ses dépenses ayant dépassé pour la première fois la moyenne de celles des pays de l'OCDE, Pékin dévoile ses priorités pour dynamiser la recherche fondamentale -
Ni vu ni connuLa fin du cordon sanitaire à l’Assemblée nationale, une révolution à bas bruit
La reconduction des deux vice-présidences tenues par le RN depuis 2025 n’a soulevé aucune opposition, y compris à gauche, lors d'une réunion des présidents de groupe de l'Assemblée nationale, mardi 29 septembre -
Auto, habitation, santé : ces taxes sur les assurances qui vont peser sur le budget des ménages
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit 200 millions d’euros de surtaxe sur les conventions d'assurance automobile, mais aussi une contribution « émeutes » sur tous les contrats et une hausse de la taxe attentat