Deutsche Bank mise sur le renouveau du marché immobilier irlandais

La banque allemande aurait acquis un portefeuille de 680 biens résidentiels auprès de la danoise Danske Bank
Benoît Menou

Deutsche Bank a semble-t-il pris part au bal des investisseurs internationaux misant sur le renouveau du marché immobilier résidentiel en Irlande. Bloomberg a en effet en premier lieu rapporté vendredi que le géant bancaire allemand a conclu le rachat auprès de Danske Bank d’un portefeuille de quelque 680 biens. La banque danoise a confirmé la vente d’un portefeuille de plus de 600 biens, sans préciser l’identité de l’acquéreur. Deutsche Bank de son côté s’est refusé à tout commentaire.

Par la voix de Peter Hughes, son responsable de la division regroupant les actifs jugés non stratégiques, Danske Bank n’a certes pas manqué de se féliciter de la signature d’un accord conforme à sa stratégie d’allègement dans le pays. Mieux, l’opération «reflète la confiance grandissante des investisseurs envers le marché immobilier au cours des derniers mois», aux yeux du dirigeant. De fait, des acteurs comme la société de capital-investissement texane Lone Star ou le hedge fund Paulson & Co ont récemment investi dans le secteur, dans l’optique de la confirmation du rebond d’un marché rudement éprouvé pendant la crise. La semaine dernière, les chiffres officiels ont montré une progression de 8,5% des prix des logements irlandais sur douze mois à fin avril. Pour la seule agglomération de Dublin, qui concentre 60% des actifs concernés par la transaction selon Danske Bank (le solde relevant d’autres centres urbains), la hausse atteint même 18%.

De quoi aiguiser l’appétit de Deutsche Bank. Faisant référence au projet d’augmentation de capital de 8 milliards d’euros dévoilé le mois dernier par la banque allemande, l’analyste Christopher Wheeler de Mediobanca veut croire qu’«une partie de ces capitaux sera certainement mise au travail dans des domaines comme (l’immobilier irlandais) dans l’espoir de dynamiser les revenus», quand bien même l’option pourrait se révéler relativement coûteuse en termes de fonds propres prudentiels.

Le portefeuille est composé de biens destinés à la location, saisis par Danske pour défaut de paiement de leur propriétaire. De fait, le segment apparaît à hauts risques, la banque centrale irlandaise ayant indiqué que 27% des crédits relatifs à ces buy-to-let properties souffraient d’arriérés à fin 2013. Danske Bank a concédé que de nombreux logements au sein du portefeuille étaient actuellement vacants.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...