Destins liés
Les femmes riches ne courent pas les rues. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Arte a diffusé et mis en ligne une enquête en deux volets sur la situation financière des femmes dans des pays occidentaux pourtant censés être plus avancés en matière de droits que ceux du Sud. Avec une vision internationale, le documentaire retrace la vie de nombreuses d’entre nous, dont les destins bien distincts sont étroitement liés lorsqu’il s’agit de discrimination et d’argent.
On le voit dès l’enfance. Les stéréotypes, les biais invisibles et les croyances limitantes qui entourent les petites filles ne connaissent pas de frontières. Une réalité qui fait écho au témoignage de Melissa Di Donato, recueilli récemment pour Ambitions. Si les inégalités se dessinent très tôt, c’est souvent à l’entrée dans le monde du travail que leur sort et celui de leur finance se précisent. Les dernières études montrent qu’en début de carrière, la courbe de progression des salaires n’est pas genrée, elle peut même être favorable aux femmes lorsqu’elles exercent dans des grandes villes. Mais l’écart se fait plutôt dans la durée. Pour certaines, passer par la maternité signifie se voir appliquer la «motherhood penalty». Pour les autres, le parcours n’est pas plus lisse.
Moins de 1%
L’exemple du secteur de la finance en est la preuve concrète. Bien qu’elles entreprennent et atteignent, pour certaines, des postes à responsabilités, les femmes continuent à être confrontées à des déficits de financements et à des préjugés persistants. Une étude britannique révélait il y a quelques années que moins de 1% des fonds étaient investis dans des entreprises fondées par des femmes. Et l’accès au crédit ne leur est pas plus favorable. Pourtant, c’est un fait universel, la disponibilité et l’accès au financement jouent un rôle fondamental dans la création, le développement et la survie des entreprises…Comme celle des femmes.
En parler est un premier pas. Et il permet déjà l’émergence de mouvements comme Financi’elles, Femmes Business Angels, et plusieurs initiatives féminines au sein des entreprises. Un élan qu’il ne faut pas perdre. Encore plus aujourd’hui. Comme le disait Simone Veil à l’écrivaine Claudine Monteil : « Il suffira d’une crise économique, politique ou religieuse pour que nos droits soient remis en question. Votre vie durant, vous devrez demeurer vigilantes ».
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