La nouvelle ère Trump représente un double risque pour les femmes dans la finance
La douche n’est pas froide, elle est glacée. Doublée d’une pluie de grêlons. Il y a quelques mois à peine, Kamala Harris avait le vent en poupe dans l’élection présidentielle américaine, laissant espérer la diffusion d’un message fort pour toutes les petites filles du monde : une femme pouvait devenir la personne la plus puissante de la planète.
En ce début 2025, l’ambiance a quelque peu changé. Donald Trump n’a pas juste largement gagné dans les urnes, il semble l’avoir emporté dans les têtes. Car, quelques mois après les élections, l’enjeu ne semble plus être simplement quatre nouvelles années de trumpisme mais bien un renversement de l’échelle des valeurs. Ou, dit autrement, une contre-révolution réactionnaire. Preuve en est le ralliement du désormais très viril Mark Zuckerberg à la rhétorique du nouveau président américain ainsi que l’abandon de leurs programmes d’inclusion et de diversité par de nombreuses entreprises américaines qui s’affichaient jusque-là comme les plus progressistes.
Cette volte-face n’a pas atteint la France pour le moment mais l’Hexagone n’y échappera sans doute pas si elle s’inscrit dans la durée. Et les répercussions pourraient être particulièrement néfastes pour les perspectives professionnelles des femmes en général et pour celles qui travaillent dans la finance en particulier. Parce que les hautes sphères financières sont déjà particulièrement testostéronées mais aussi parce que le nouveau président américain ne s’en prend pas seulement à la diversité ou à l’inclusion, il attaque également la lutte contre le dérèglement climatique.
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L’ESG dans le viseur
Quel rapport entre le réchauffement de la planète et la carrière des femmes dans la finance ? Il tient en trois lettres : ESG. En fait, Donald Trump et ses adeptes s’en prennent à l’ensemble des thématiques – environnement, social, gouvernance – portées par un sigle qui a permis à beaucoup de femmes de gravir les échelons dans le monde de la finance. Comme l’expliquait ma collègue Mathilde Castagna dans une récente enquête, l’ESG est un des rares pans de la finance où les hommes sont minoritaires, y compris à des postes de direction.
Ainsi, pour la représentation des femmes dans le secteur financier, la victoire de Donald Trump a tout de la double peine. Mais, pour terminer sur une note plus optimiste, elle constitue aussi une double opportunité, notamment en Europe. Elle pourrait par exemple pousser le Vieux continent à marquer sa différence sur ces sujets, lui permettant, qui sait, de construire des avantages concurrentiels à terme. Et puis, l’émergence de cette menace incitera peut-être tous ceux qui luttent contre les inégalités hommes femmes et contre le réchauffement de la planète à se rassembler et à concentrer leurs efforts sur ces deux thématiques sans se perdre dans des combats douteux.
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