Catherine Malaval : «Il faut que plus de femmes soient présentes au capital des entreprises»
L’Agefi : Quelle est la raison d’être de Femmes Business Angels ?
Catherine Malaval : Femmes Business Angels est une association créée il y a 20 ans qui réunit des femmes souhaitant investir dans des start-up. Nous comptons aujourd’hui 150 investisseuses, qui investissent en moyenne 1,5 million d’euros par an, et 1.500 ambassadrices. Notre objectif est que de plus en plus de femmes soient présentes au capital des entreprises. On constate que dans l’univers de la finance et dans celui de la création d’entreprises, le taux de féminisation plafonne souvent autour de 30-35%. Dans celui des business angels, il est encore plus faible, à 12-15%.
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Quel est le profil des investisseuses qui rejoignent l’association ?
Catherine Malaval : Nos adhérentes se répartissent en trois tiers. Un tiers de hautes dirigeantes, un tiers de professions libérales et un tiers de cheffes d’entreprise qui souhaitent investir une partie des résultats de leur société ou qui ont revendu leur entreprise. La moyenne d’âge des nouvelles membres est de 47 ans, un réseau plus jeune que les autres (54 ans contre 61 ans pour France Angels). Les nouvelles membres de l’association prennent l’engagement moral d’investir dans au moins une start-up dans les trois ans. Le ticket moyen est de 10.000 euros et, collectivement, nous investissons au moins 100.000 euros par entreprise en phase d’amorçage (seed ou pré-seed). Ce seuil de 100.000 euros permet généralement à la start-up d’aller chercher le même montant en dette et cela nous permet de rejoindre le comité stratégique de la société. Les dossiers sont instruits collectivement mais les investissements sont réalisés individuellement par les adhérentes.
La question de la parité entre-t-elle en ligne de compte dans les choix d’investissement ?
Catherine Malaval : Non. Le sujet n’est pas de favoriser des start-up fondées par des femmes, ou paritaires, mais d’inciter les femmes à investir dans des start-up. En ce sens, on aura en revanche tendance à inciter les entrepreneurs à proposer aux femmes clés de leur start-up de prendre des parts au capital de l’entreprise. La relation des femmes à l’argent et au risque est un vrai sujet culturel dont les politiques et les médias pourraient s’emparer.
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