Credit Suisse pourrait renoncer à l’IPO de sa filiale helvétique
Credit Suisse semblait tenir un double discours hier. Dans la lettre aux actionnaires publiée en marge de ses résultats annuels, la deuxième banque suisse indique «être en bonne voie dans les travaux préparatoires à l’introduction en Bourse partielle» de son entité helvétique «au second semestre 2017». Devant les analystes, son directeur général Tidjane Thiam s’est montré moins affirmatif. Credit Suisse va examiner «un large éventail d’options», a-t-il déclaré hier, en s’interrogeant : «En raison de l’environnement réglementaire dans son ensemble, de Bâle 4 (en discussion, ndlr), y a-t-il des options plus attractives ?»
«Les alternatives possibles à l’IPO ne sont pas claires à nos yeux, mais le marché va sans aucun doute se concentrer là-dessus dans le futur immédiat», a réagi dans une note un analyste de Goldman Sachs. L’IPOde la branche suisse de banque universelle est l’une des pierres angulaires du plan de restructuration présenté par le nouveau patron en octobre 2015. Depuis, la donne a changé pour le groupe. Destinée à améliorer la solvabilité de Credit Suisse en évitant une nouvelle augmentation de capital dilutive, l’opération s’avérerait moins nécessaire aujourd’hui. Malgré le coûteux règlement de son litige avec les Etats-Unis, le groupe a publié hier un ratio de fonds propres durs (CET1) supérieur aux attentes, à 11,6% fin décembre. Il est certes inférieur aux 12% de fin septembre, mais le règlement américain «nous laisse dans une position plus confortable pour examiner aujourd’hui notre planification du capital», a déclaré Tidjane Thiam.
La hausse de plus de 50% de l’action Credit Suisse depuis juillet «fait d’une augmentation de capital une alternative viable à une coûteuse et complexe IPO de l’entité suisse», jugeaient les analystes d’UBS début février. La Finma, le régulateur local, pourrait en effet imposer des ratios de fonds propres très stricts à l’entité suisse, écrivait il y a quelques jours le Finanz und Wirtschaft. En interne, des voix se seraient élevées contre le risque de voir des acheteurs étrangers s’emparer d’une partie de la pépite du groupe, assurait le Financial Times lundi.
A l’automne 2015, Credit Suisse annonçait vouloir lever 2 à 4 milliards de francs en mettant en Bourse 20 à 30 % du capital de sa filiale. Celle-ci a généré l’an dernier 28% des revenus du groupe, et 2 milliards de francs de résultat avant impôt.
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