Credit Suisse change de braquet avec son appel au marché
Fraîchement accueillie hier matin, l’annonce de l’augmentation de capital de 4 milliards de francs (3,7 milliards d’euros) de Credit Suisse a finalement rassuré les marchés. Couplée à des résultats trimestriels meilleurs que prévu, elle a permis au titre de la deuxième banque helvète de finir la séance en hausse de 2,68% à Zurich.
La banque a préférél’option de la levée de fonds à la mise en Bourse de sa filiale suisse de banque de détail, après plusieurs mois de valse-hésitation. «Une augmentation de capital est moins dilutive qu’une IPO», a justifié Tidjane Thiam, le directeur général de Credit Suisse, sur Bloomberg TV. En décidant de conserver sa banque universelle suisse, la banque a «pris la décision la plus sage avec le meilleur coût d’opportunité, en d’autres termes garder à bord son entité la plus profitable et résiliente tout en compensant la détérioration du CET1 (ratio de fonds propres durs, ndlr) qui a suivi le règlement de litiges», jugent les analystes crédit de Natixis.
Credit Suisse compte ainsi porter son ratio CET1 à 13,4%, contre 11,7% à fin mars. Son ratio de levier passera quant à lui de 3,5% à 3,8%, devant UBS et en ligne avec Deutsche Bank. Sa levée de fonds, qui bénéficie d’un engagement de prise ferme de Deutsche Bank et Morgan Stanley, sera soumise au vote le 18 mai prochain lors d’une assemblée générale (AG) extraordinaire. Elle suivra celles de Deutsche Bank et UniCredit qui ont récemment levé 21 milliards d’euros.
Si certains sont optimistes sur la capacité de redressement du groupe, d’autres s’interrogent. «Cela pourrait ne pas être la dernière augmentation de capital», estime Chirantan Barua, analyste chez Bernstein. En 2015, le groupe avait déjà levé 6 milliards de francs.
Credit Suisse a également publié hier un bénéfice net de 596 millions de francs au premier trimestre, le plus élevé depuis l’entrée en fonction de Tidjane Thiam en 2015. Sous le poids des litiges, le groupe avait essuyé l’an dernier une perte annuelle de 2,71 milliards de francs, après avoir perdu 2,94 milliards en 2015. En plein recentrage sur la gestion de fortune, au détriment des activités de marchés, la banque est néanmoins soupçonnée d’avoir aidé de riches clients à frauder le fisc dans plusieurs pays européens. Elle est aussi critiquée pour les rémunérations de ses dirigeants, malgré sa proposition récente d’abaisser leurs bonus de 40%. La levée de fonds doit donc aussi permettre de faire passer la pilule à l’AG annuelle du groupe ce vendredi.
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