Commerzbank reste un pari risqué pour les investisseurs
Attendue par les investisseurs, l’augmentation de capital de Commerzbank ne lève pas toutes les incertitudes. Proposée avec une forte décote de 55% , l’opération doit permettre de lever 2,5 milliards d’euros d’ici à ce soir. Le 14 mai, jour de l’annonce, le prix unitaire proposé (4,5 euros) a fait chuter le cours à 7,06 euros, son plus bas historique.
Hier, dans la dernière ligne droite, il a pris jusqu’à 4,5 % en séance et clôturé à 8,03 euros, porté par une note d’Equinet qui considère le titre comme «une opportunité d’achat intéressante pour les spéculateurs après l’augmentation de capital». Le courtier allemand est passé à l’achat sur Commerzbank qui offre «des multiples attractifs alors que le sentiment des analystes reste très négatif». Seuls 15% des 34 professionnels sondés par Bloomberg conseillent d’acheter le titre, 41% de le conserver et les 44% restants de le vendre.
Equinet n’exclut d’ailleurs pas une nouvelle augmentation de capital. Celle en cours est déjà la cinquième en quatre ans. Elle doit permettre de racheter les participations dormantes d’Allianz et de ramener le poids des pouvoirs publics de 25% à 20% du capital, mais «le résultat des élections allemandes de fin 2013 pourrait être décisif pour la participation restante du gouvernement, sachant qu’il a une période de lockup (obligation de détention) de six mois», expliquent les analystes de JPMorgan.
En perte au premier trimestre, la banque allemande risque aussi de devoir passer des provisions supplémentaires. «Commerzbank a encore un portefeuille d’actifs «non cœur» de 147 milliards d’euros qui représente plus de six fois ses fonds propres et reste risqué même s’il est géré en extinction», poursuit JPMorgan. L’exposition de Commerzbank au shipping (transport maritime) inquiète particulièrement, de même que l’environnement de taux bas qui pénalise les revenus futurs d’un groupe handicapé par ses coûts de restructuration.
A court terme, JPMorgan lie la réussite de l’augmentation de capital à l’adhésion des investisseurs individuels qui pourraient être tentés de prendre leurs bénéfices dès aujourd’hui. Ces deux dernières semaines, les volumes d’échanges sur le titre ont atteint un niveau inégalé depuis plusieurs années, mais Commerzbank reste une valeur massacrée. A son plus haut historique, en mars 2000, le cours atteignait 265 euros, puis 225 euros lors du second pic, en mai 2007.
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