Commerzbank poursuit son délestage dans l’immobilier commercial espagnol

La banque est sur le point de conclure avec Lone Star et JPMorgan la cession d’un portefeuille de créances de plus de 4 milliards d’euros
Antoine Duroyon

Après le Royaume-Uni, où il a racheté en juillet dernier, avec le concours de Wells Fargo, 5 milliards d’euros de créances dans l’immobilier commercial à Commerzbank, le fonds texan Lone Star a mis le cap au sud. Il s’apprête à racheter, toujours auprès de la deuxième banque allemande, la majorité d’un portefeuille de prêts de même nature d’une valeur faciale de plus de 4 milliards d’euros.

Pour l’occasion, il s’est associé à JPMorgan qui prendra un intérêt minoritaire et contribuera au financement. Reuters précise que Lone Star doit intégrer une équipe d’environ 25 collaborateurs de Commerzbank afin de l’aider à gérer les prêts concernés. Baptisé «Octopus» et piloté par Lazard, le projet de cession pourrait être officiellement bouclé d’ici un mois. Si l’établissement veut tirer parti d’un regain d’appétit des investisseurs étrangers pour des actifs du sud de l’Europe, il n’en sortira pas indemne.

Selon la presse anglo-saxonne, le prix de vente s’établirait entre 3,7 et 3,9 milliards d’euros. Le portefeuille comprend environ 1 milliard d’euros de prêts douteux et 3,3 milliards d’euros de créances saines garanties par des ensembles de bureaux, des hôtels et des centres de commerciaux. De quoi éveiller l’intérêt d’investisseurs auxquels on a surtout proposé récemment des reprendre des créances dans l’immobilier résidentiel. Le fonds de restructuration bancaire (Frob) a ainsi lancé le mois dernier la cession d’un portefeuille de créances de presque 7 milliards d’euros détenu par l’établissement nationalisé Catalunya Banc.

Le tandem Lone Star-JP Morgan a triomphé de plusieurs autres prétendants : Blackstone et Apollo, respectivement liés à Deutsche Bank et Santander, ou encore Cerberus. Pour Commerzbank, cette dernière opération marque une poursuite de sa cure d’amaigrissement. Outre des actifs aux Etats-Unis, la banque de Francfort a déjà cédé au premier trimestre 710 millions d’euros de prêts douteux dans l’immobilier commercial en Espagne. Cette opération ibérique a permis à l’établissement de réduire de moitié, à 1 milliard d’euros, le niveau de ces créances douteuses dans l’immobilier commercial espagnol comparé à la fin 2013. La finalisation du «projet Octopus» lui permettra de liquider le solde.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...