Commerzbank affiche encore une situation financière fragile
Les chiffres sont tout sauf convaincants», a asséné hier un trader cité par Reuters dans la foulée de la présentation par Commerzbank de résultats inférieurs aux attentes du consensus. Si le bénéfice net trimestriel de 113 millions d’euros confirme le retour dans le vert «avec un an d’avance» sur les objectifs comme l’a souligné le président du directoire Martin Blessing, il n’offre pas en effet une image suffisamment solide de l’établissement francfortois pour lui laisser envisager sereinement à court terme une augmentation de capital.
Diverses sources avaient indiqué le mois dernier que le sujet figurait au menu des discussions du conseil de surveillance. Dans le sillage notamment de la déclaration en septembre du ministre allemand de l’économie Rainer Brüderle qui évoquait la vente de la part de 25% de l’Etat au capital de Commerzbank dans un délai de trois à quatre ans.
La banque pourtant se veut rassurante quant à la solidité de ses fonds propres. Le directeur financier Eric Strutz a fait valoir que l’impact attendu de 75 milliards d’euros des évolutions réglementaires sur les actifs pondérés par le risque (280 milliards à fin septembre contre 338 milliards fin 2008) serait compensé par une réduction de voilure sur les activités jugées non stratégiques, à hauteur de 85 milliards. Parallèlement à une hausse de 30 milliards de ces actifs du fait du développement des activités de base. La banque vise ainsi des actifs pondérés de 300 milliards en 2014.
A l’issue du trimestre écoulé, le ratio tier one de Commerzbank s’élevait à 11,2%, soit 0,4 point de mieux qu’à fin juin et 4,1 points de plus que fin 2008.
Matthew Clark chez KBW relève pourtant que l’impact de Bâle 3 mis en avant par la banque est bien supérieur à son estimation de 25 milliards, ce qui devrait renforcer les attentes quant au montant de l’augmentation de capital nécessaire pour remplacer en partie la participation dormante de l’Etat. En octobre encore, diverses sources évoquaient une opération de 3 à 4 milliards d’euros.
Commerzbank a publié un bénéfice net de 113 millions au troisième trimestre, contre une perte de 1,06 milliard un an plus tôt, la déception venant avant tout de la banque de détail. Evoquant des «vents porteurs», Eric Strutz mise pour 2011 sur la poursuite de la décrue des provisions pour créances douteuses et sur une progression du résultat opérationnel.
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