CNP Assurances se met au financement d’infrastructures
Si les assureurs français boudent les placements en capital-investissement (ou private equity), en particulier en perspective de la mise en œuvre des règles de Solvabilité 2, tous n’ont pas renoncé à l’ensemble du non-coté. CNP Assurances, dont la Caisse des dépôts (CDC) détient 40%, devrait accompagner son actionnaire de référence dans la prise de participation de 25% dans GRTgaz, le réseau de gazoducs français détenu par GDF Suez.
L’aboutissement des négociations, révélées par Le Journal du Dimanche (qui évoque un investissement de 900 millions d’euros), a été confirmé à L’Agefi par deux protagonistes. Une annonce serait effectuée en fin de semaine.
En partant de l’hypothèse d’une participation conséquente de CNP Assurances, l’investissement pèsera un poids non négligeable dans son bilan: selon ses comptes sociaux de 2009, les actions et OPCVM diversifiés (catégorie dans laquelle la participation dans GRTgaz devrait être placée) représentaient 32 milliards d’euros en valeur nette comptable (pour un bilan total de 246 milliards d’euros).
«Etant donné le poids de la CDC dans le capital et au conseil d’administration de CNP Assurances, on peut considérer que ce dernier a été sollicité pour accompagner son actionnaire dans un investissement stratégique», note un consultant spécialisé dans le secteur. Reste à savoir dans quelle mesure une société d’assurance a vocation à investir en direct et en minoritaire dans une société d’infrastructures.
Selon la dernière étude quantitative d’impact (QIS5) réalisée dans la perspective de Solvabilité 2, le non-coté nécessitera une exigence de capital cible (SCR) «intrinsèque» (hors divers ajustements) de 49%, contre 39% pour les actions cotées pour la zone de l’OCDE. Cette surcharge serait relativement supportable selon certains actuaires, particulièrement pour les actifs d’infrastructures qui, contrairement aux investissements en private equity, présentent moins de risques: ils sont souvent en situation de quasi-monopole et dégagent des cash-flows réguliers à long terme, contrairement à des entreprises non cotées classiques.
«Le risque principal est de surpayer la participation dans GRTgaz. Vis-à-vis de Solvabilité 2, le manque de liquidité de cette participation peut être problématique, dans la mesure où seuls des acteurs publics peuvent contrôler des infrastructures de ce type en France», indique le consultant.
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