Citigroup rate le coche à cause des marchés de capitaux
Citigroup chancelle dans la tempête. Après avoir engrangé au troisième trimestre un gain comptable exceptionnel, la banque américaine n’a pas réussi à faire illusion sur les trois derniers mois de l’année. En baisse de 11% en glissement annuel, le bénéfice net ressort à 1,16 milliard de dollars, soit 38 cents par action. Une performance décevante aux yeux des analystes qui tablaient en moyenne sur 49 cents par action. L’action Citigroup, qui accuse un repli de 45% sur les douze derniers mois, a cédé hier 8,17%, à 28,23 dollars.
Les revenus ont chuté sur le trimestre de 7% pour s’établir à 17,2 milliards de dollars. La baisse atteint 25% dans le fixed income (à 1,7 milliard de dollars), 45% dans la banque d’investissement (à 638 millions de dollars) et 71% dans le trading actions (à 232 millions de dollars, hors ajustements comptables), une activité pilotée depuis Londres.
«Le contexte macroéconomique a clairement affecté les marchés de capitaux et nous continuerons de restructurer notre activité pour nous ajuster à l’environnement», a expliqué Vikram Pandit, le directeur général de l’établissement.
Le groupe a annoncé le mois dernier la suppression «au cours des prochains trimestres» de quelque 4.500 postes. Cette mesure s’est traduite sur le trimestre par une charge de 400 millions de dollars. Citi Holdings, qui regroupe les actifs non stratégiques du groupe, a vu sa masse fondre de 25% depuis fin 2010, à 269 milliards de dollars (soit 14% de la masse totale des actifs).
Dans une note, les analystes de Morgan Stanley expriment par ailleurs leur déception sur la gestion des dépenses au sein du segment securities & banking (+4% d’un trimestre sur l’autre à 3,74 milliards de dollars).
Ces résultats paraissent d’autant plus cruels que la banque a réalisé des percées notables dans plusieurs domaines. L’activité de banque de détail a dégagé un bénéfice de 1,45 milliard de dollars, en hausse de 8% sur un an. Les prêts à la consommation ont grimpé de 7% et les prêts aux entreprises de 24%. Les pertes sur créances douteuses ont reflué de 40% à 4,11 milliards de dollars, ce qui a permis à l’établissement de ramener ses provisions à 1,47 milliard de dollars. Pour parachever ce tableau, le ratio de fonds propres core tier one a progressé de 100 points de base sur un an pour culminer à 11,8%.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer. -
Le piratage d'Arkéa relance le débat sur la supervision européenne des plateformes crypto
Plus de 100 millions d'euros ont été dérobés au Crédit Mutuel Arkéa. Les pirates se sont ensuite servis de plateformes crypto agréées MiCA pour faire disparaître l'argent. -
Franklin Templeton collecte 15 milliards de dollars au troisième trimestre 2026
Les encours sous gestion sont restés stables.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre« L’écologie peut devenir un levier de souveraineté pharmaceutique pour la France et l’Europe »
La prochaine innovation pharmaceutique pourrait être celle qui permet de produire les molécules existantes avec moins de ressources, estime Claude Grison, directrice de recherche au CNRS, professeure invitée au Collège de France, et membre de l’Académie des sciences -
Itinéraire validé et désobéissance des Gilets jaunes : comment se prépare l'« Acte IV » des manifestations
Malgré le feu vert de la préfecture pour un cortège syndical de République à Nation, les irréductibles de la contestation sociale maintiennent leur défi place de la Concorde -
460 milliards de valorisation évaporés en Bourse : l'empire d’Elon Musk percuté par la victoire des démocrates
Après la vague bleue des démocrates aux midterms, les valeurs technologiques de l’IA ont plongé. Pour Elon Musk, c’est la double peine, lui qui a tant dépensé pour empêcher la victoire des démocrates, en vain