BPCE va soulager le Crédit Foncier de son portefeuille de titrisations
Le Crédit Foncier s’apprête à se débarrasser du boulet de ses titrisations. Le spécialiste du financement immobilier discute du transfert à sa maison mère BPCE de ce portefeuille constitué jusqu’en 2007 à des fins de portage. A l’époque, l’établissement replaçait dans ces titres rémunérateurs les abondantes liquidités à bas prix qu’il levait sur les marchés grâce à sa société de crédit foncier. Un modèle que la crise financière a fait voler en éclats.
Les deux groupes espèrent faire aboutir l’opération d’ici à la fin de l’année, ont indiqué à L’Agefi des sources internes. Le Crédit Foncier poursuivrait ainsi le recentrage sur ses métiers cœur entamé il y a trois ans. Il se délesterait surtout d’un portefeuille d’actifs très consommateur de capital. A fin 2013, les positions de titrisations résiduelles atteignaient 11,9 milliards d’euros et représentaient une exigence de fonds propres réglementaires au titre du risque de crédit de 733 millions, soit 22% de l’ensemble des besoins imposés au Crédit Foncier.
Cette contrainte en capital a encore augmenté cette année. Certaines sources évoquent au total un montant proche du milliard. Les dégradations au fil du temps des notes attribuées à ces instruments font en effet grimper la facture, une constante observée depuis plusieurs années. En 2013, l’exigence en fonds propres a crû de 2% alors même que le Crédit Foncier a diminué de 4,6 milliards la taille du portefeuille, en vendant notamment pour 3,9 milliards de créances. Cette politique de cession active s’est traduite en 2013 par des moins-values de 188 millions qui ont fait plonger dans le rouge les résultats. Elle a été arrêtée en 2014.
BPCE trouve aussi un intérêt à la transaction. Le Crédit Foncier, dont le ratio de fonds propres durs (Bâle 2) atteignait 9% fin 2013, devrait se retrouver largement capitalisé après l’opération. De quoi laisser espérer une remontée exceptionnelle à sa maison-mère, qui a injecté 1,5 milliard d’euros dans le Crédit Foncier fin 2011 et se prive depuis trois ans de dividendes.
Autre avantage: les meilleures titrisations du portefeuille peuvent être prises en compte dans le calcul du ratio de liquidité à court terme (LCR) comme actifs de haute qualité de niveau 2, mais dans une certaine limite. Cette optimisation ne serait possible qu’à condition de loger ces instruments au niveau de BPCE et non plus du Crédit Foncier.
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