BPCE devient l’actionnaire unique de la banque portugaise Novo Banco
Après avoir racheté 75% du capital de la banque Novo Banco au fonds Lone Star en juin, BPCE a maintenant conclu un accord avec l’Etat portugais pour lui racheter les 25% restants. Hasard du calendrier, la banque portugaise a été perquisitionnée dans le cadre d’une enquête de corruption.
La banque portugaise Novo Banco est désormais détenue par BPCE
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Novo Banco
Les discussions engagées entre le Portugal et BPCE ont abouti. Le groupe BPCE a annoncé qu’il allait acquérir les 25% de Novo Banco sur lesquels il ne s’était pas déjà engagé. Après avoir racheté 75% de Novo Banco au fonds Lone Star au mois de juin dernier, BPCE s’apprête à devenir l’unique actionnaire de la banque portugaise.
BPCE pourra acquérir les 11,5% de la banque détenus par l’Etat portugais et les 13,5% détenus par le fonds de résolution des banques portugaises pour un montant cumulé de 1,6 milliard d’euros. Comme lors de la transaction avec Lone Star, ce prix valorise la totalité de Novo Banco à 6,4 milliards d’euros. «Nous clôturons ce cycle avec la conviction que le Portugal franchit à nouveau une étape importante de son histoire, en faisant preuve de crédibilité, de capacité de relance et de confiance dans l'économie et le système financier portugais», s’est réjoui le ministre des Finances portugais Joaquim Miranda Sarmento.
La finalisation du projet est envisagée pour le premier semestre 2026.
Cette opération fait du Portugal le deuxième marché de détail du groupe français. Née en 2014 des cendres de Banco Espirito Santo victime de malversations comptables, Novo Banco est aujourd’hui la quatrième banque portugaise. Elle dispose «d’environ 9% de part de marché chez les particuliers et environ 14% chez les entreprises. Elle compte 1,7 million de clients particuliers et gère un portefeuille de prêts aux entreprises de 17 milliards d’euros», précise BPCE dans un communiqué.
Marges réduites
Le groupe mutualiste français justifie l’opération par son besoin de diversification géographique. Elle s’inscrit d’ailleurs très bien dans son plan stratégique «Vision 2030», qui a vocation à accélérer le développement de la banque. Le groupe était un des seuls en France à ne pas disposer d’implantation forte à l’international. En misant sur Novo Banco, BPCE a fait le choix de mettre la main sur une banque très bien gérée. «Au cours des dernières années, Novo Banco est devenue l’une des institutions bancaires les plus rentables d’Europe, affichant un coefficient d’exploitation inférieur à 35% et un retour sur fonds propres tangible (RoTE) dépassant 20%», peut-on lire dans le communiqué de BPCE.
Ces chiffres, s’ils sont excellents, montrent toutefois que la marge de manœuvre de BPCE pour augmenter l’efficacité opérationnelle de sa cible sera très étroite. La banque française devra aussi gérer les tout nouveaux problèmes juridiques auxquels la banque portugaise est confrontée. La police portugaise a en effet perquisitionné les locaux de Novo Banco ce 29 octobre dans le cadre d’une enquête pour corruption. « Les faits en question sont susceptibles de constituer les délits de corruption active et passive dans le secteur privé, d’escroquerie aggravée et de blanchiment d’argent, dans le contexte de la vente des actifs de Novo Banco depuis 2018 », a déclaré le parquet dans un communiqué. La cérémonie de signature de BPCE aurait pu être célébrée de meilleure manière.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
La banque italienne a réussi à convaincre de nombreux actionnaires d’apporter leurs titres à son offre ces derniers jours. Sa détention directe dépasse désormais le seuil des 30% et même 50% en tenant compte de l’ensemble des produits dérivés à sa disposition.
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