BPCE bénéficie d’un coup de pouce de l’Autorité de contrôle prudentiel
BNP Paribas et la Société Générale ont tenu la tête d’affiche ces derniers mois sur le thème de la réduction des bilans. BPCE s’est fait plus discret. Le groupe a pourtant vu ses besoins en capitaux relevés à 3,7 milliards d’euros le 9 décembre par l’Autorité bancaire européenne, là où ceux de ses concurrents étaient respectivement ramenés à 2,1 et 1,5 milliard d’euros – le Crédit Agricole, dans son ensemble, arrive déjà au seuil des 9% de ratio core tier one. Mais il devrait, comme eux, renforcer sans difficulté ses fonds propres d’ici à fin juin.
BPCE vient de bénéficier pour l’occasion d’un coup de pouce opportun de sa tutelle. L’Autorité de contrôle prudentiel a en effet validé, au début du mois, la méthode de notation interne avancée que le groupe a développée pour le réseau des Caisses d’Epargne. La banque, qui utilisait jusqu’à présent un modèle standard moins favorable en termes de pondération prudentielle des actifs, comble ainsi un retard sur ses concurrents. L’utilisation de cette méthode avancée, sur laquelle elle planchait depuis longtemps, lui fera économiser, dès l’arrêté du 31 décembre 2011, entre 1,6 et 1,7 milliard d’euros de fonds propres prudentiels.
Le groupe avait déjà ramené en octobre à 3,4 milliards d’euros son besoin en capital grâce à des rachats de dette hybride (L’Agefi Quotidien du 19 octobre 2011). Une option largement utilisée par le secteur ces dernières semaines. En déduisant le gain lié au modèle interne, BPCE doit donc encore trouver autour de 1,7 milliard de fonds propres core tier one, sachant qu’il table par ailleurs sur une stabilité de ses encours pondérés.
La mise en réserve des résultats du quatrième trimestre 2011 et du premier semestre 2012 en couvrira une partie. Mais le groupe se veut prudent vu la conjoncture. Sur les neuf premiers mois de 2011, il a gagné 2,2 milliards, mais seulement 332 millions au troisième trimestre, en raison du sinistre grec.
Mutualisme oblige, BPCE dispose en revanche d’une arme: la vente de parts sociales. Après avoir levé le pied en 2011, le groupe espère collecter, en net, pour 1,5 milliard d’euros dans ses réseaux Caisses d’Epargne et Banques Populaires en 2012, dont plus de la moitié au premier semestre. Il a d’ailleurs commencé à accélérer, puisque sur les 400 millions d’euros en net de parts sociales vendues en 2011, 150 millions l’ont été sur le seul mois de décembre.
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