Bob Diamond mise sur le potentiel du secteur bancaire africain
Débarqué de Barclays en 2012 à cause du scandale du Libor, Bob Diamond s’offre un nouveau départ en Afrique. Le banquier américano-britannique s’est associé à Ashish Thakkar, le jeune patron du conglomérat panafricain Mara Group, pour lancer Atlas Mara Co-Nvest Limited. Ce véhicule d’investissement, dont l’entrée sur le London Stock Exchange en décembre dernier lui a permis de lever 325 millions de dollars, ne perd pas de temps.
Atlas Mara vient d’annoncer une offre d’achat sur African Development Corporation (ADC), une holding implantée en Allemagne dont les actifs bancaires couvrent plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne. Au sud du continent, il reprend ainsi BancABC (contrôlée à 47,1% par ADC), un établissement de taille moyenne qui compte 73 agences au Botswana, au Mozambique, en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe. La banque a dégagé 156 millions de dollars de revenus en 2013 (en hausse de 26% comparé à 2012) et encaissé un résultat avant impôt de 29 millions (+20%).
En Afrique australe, Atlas Mara hérite d’une participation de 9,1% dans l’Union Bank of Nigeria. Une porte d’entrée dans un pays qui est devenu la première économie du continent, devant l’Afrique du Sud. Selon des statistiques actualisées pour tenir compte de l’évolution des prix, le PIB du Nigeria a atteint 510 milliards de dollars en 2013, contre 384 milliards de dollars en 2012. Le pays reste toutefois nettement distancé en termes de PIB par habitant. Pour compléter le tableau, Atlas Mara a signé un protocole d’accord portant sur l’acquisition d’une participation majoritaire dans la Banque rwandaise de développement (BRD), en voie de privatisation. Un pied dans la Communauté d’Afrique de l’Est au sein de laquelle le Kenya offre de belles perspectives.
L’ambition du véhicule consiste à bâtir un «groupe de services financiers de premier plan en Afrique sub-saharienne». Plutôt que de restructurer de très grands réseaux, Atlas Mara cible des acteurs de taille moyenne qui pourront être facilement intégrés. Avec trois quarts des Africains dénués de compte bancaire, le potentiel est immense. Le chemin est toutefois semé d’embûches, entre le risque politique, comme au Zimbabwe où BancABC compte 30% de ses actifs, et la concurrence des fonds de private equity qui se disputent les rares actifs sur le marché.
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