BNP Paribas finit bien 2019 mais sera freinée par les taux bas en 2020
BNP Paribas a publié mercredi des résultats supérieurs aux attentes au titre du quatrième trimestre et de l’ensemble de 2019, mais a prévenu que la faiblesse des taux d’intérêt pèseraient sur les revenus de sa banque de détail cette année.
Toutes les divisions du groupe bancaire ont vu leurs revenus croître l’année dernière, notamment les activités de marché qui ont fortement rebondi au quatrième trimestre. Soutenu par une plus-value sur la cession d’une participation dans l’indien SBI Life, le résultat net est ressorti en hausse de 8,6% en 2019, à 8,17 milliards d’euros, alors que les analystes anticipaient en moyenne un résultat net de 7,84 milliards d’euros, selon FactSet.
Sur cette base, le groupe a décidé de relever son dividende de 2,6%, à 3,10 euros par action, soit un taux de distribution de 50%.
Le résultat d’exploitation a progressé de 9,7%, à 10,06 milliards d’euros, les revenus ayant davantage progressé que les coûts. BNP Paribas a réalisé 1,8 milliard d’euros d'économies depuis le lancement du plan de transformation digitale et de réduction des coûts en 2017. « Les coûts de transformation sont en ligne avec les objectifs annoncés et il n’y en aura plus en 2020 », a souligné la banque dans un communiqué.
Le produit net bancaire (PNB) a progressé de 4,9% l’année dernière, à 44,60 milliards d’euros, dépassant légèrement le consensus des analystes, qui s'établissait à 44,18 milliards d’euros.
Net rebond des activités de marché en fin d’année
Pénalisés par la faiblesse des taux, les revenus ont augmenté de seulement 0,8% dans la division Domestic markets, qui comprend la banque de détail en France, en Italie et en Belgique. L’activité a toutefois été soutenue par une hausse de 4,1% des encours de crédit. Les services financiers internationaux, axés sur l’assurance, le crédit à la consommation et la gestion d’actifs, ont dégagé une croissance de 6,9%, aidés par un effet de change favorable.
La banque de financement et d’investissement (BFI) affiche la plus forte croissance du groupe en 2019 (+12%), profitant d’une base de comparaison favorable après les turbulences de marché intervenues fin 2018.
Au-delà de l’effet de rattrapage après le gel des marchés de la fin 2018, la banque d’investissement a bénéficié d’une bonne dynamique sur plusieurs marchés comme les produits de taux, les changes et les matières premières (FICC), signant un quatrième trimestre meilleur que le troisième, pourtant traditionnellement plus soutenu sur les marchés financiers. « Le métier enregistre une croissance très soutenue de l’activité qui s’appuie sur des gains de part de marché, en particulier dans FICC », a souligné le groupe.
Sur le seul quatrième trimestre, le PNB total de BNP Paribas a augmenté de 12%, porté par un bond de 30% dans la banque de financement et d’investissement. Le résultat net du trimestre, à 1,85 milliard d’euros, est en amélioration de 28% par rapport à la fin 2018 et dépasse les 1,78 milliard d’euros attendus par les analystes.
Des perspectives favorables, écornées par la baisse des taux
En 2020, BNP Paribas s’attend à dégager des revenus en hausse et à bénéficier à plein des 3,3 milliards d’euros d'économies récurrentes de son plan de transformation, tout en voyant ses dépenses baisser de 700 millions d’euros sur un an grâce à l’arrêt des coûts de réorganisation. Les éléments exceptionnels devraient être positifs à hauteur de 100 millions d’euros cette année.
L’impact de la faiblesse des taux d’intérêt devrait toutefois s’amplifier dans la banque de détail : « Les revenus en 2020 de Domestic markets sont attendus en baisse modérée en raison de l’impact de l’environnement persistant de taux bas dans les réseaux, partiellement compensé par (...) une forte progression des métiers spécialisés », indique le communiqué du groupe.
L'évolution des taux a également amené BNP Paribas à réviser à 10%, au lieu de 10,5% précédemment, son objectif de rentabilité des fonds propres ROTE (return on tangible equity) en 2020. Le niveau de solvabilité atteint ces derniers mois conduit par ailleurs la banque à se dire bien positionnée face à la transposition en droit européen de la finalisation des normes Bâle 3. BNP Paribas estime pouvoir contenir à 10% le gonflement de ses actifs pondérés qui résultera de ce changement comptable.
Au 31 décembre, le ratio de fonds propres CET1 s'élevait à 12,1%, en hausse de 40 points de base sur un an. BNP Paribas se situe depuis le troisième trimestre à ce niveau de solvabilité, qui avait été initialement retenu comme objectif pour la fin 2020.
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