BNP Paribas et les concurrents de Deutsche Bank ont la voie libre
Les employés de Deutsche Bank, dont certains ont été licenciés dès lundi à Londres et en Asie, pouvaient faire grise mine dimanche soir à l’annonce du plan de restructuration sans précédent du groupe. Ses concurrents, en revanche, ont dû sabrer le champagne. En annonçant son retrait pur et simple des métiers actions, à l’exception du primaire actions (ECM), la première banque allemande, déjà en perte de vitesse, va libérer des parts de marché au profit des ténors de Wall Street et de quelques banques d’investissement européennes comme Barclays. Elle est certes avant tout un leader mondial des taux et changes, mais elle se classe entre les septième et neuvième rangs mondiaux du cash actions et des services prime, selon le classement de Coalition.
BNP Paribas, en particulier, est bien placée pour en tirer profit. Deutsche Bank a indiqué dimanche qu’elle négociait avec la banque française un accord pour permettre aux clients de ses activités de trading électronique et de prime services (financement des hedge funds) de bénéficier d’une continuité de services. Des transferts de technologie et d’équipes seraient au programme. La banque française a dû se montrer plus convaincante que Citi, qui avait aussi été approchée, selon des rumeurs de marché.
Transfert vers une «banque référente»
Rue d’Antin, au siège de BNP Paribas, on ne commentait pas hier ce projet de partenariat aux contours encore flous. Des due diligence sont en cours. L’accord rappelle, dans son principe, celui que BNP Paribas avait noué dans un autre métier, le cash management, avec RBS en 2015 : non pas un rachat d’activité, mais une position de «banque référente» vers laquelle la clientèle d’entreprises du groupe britannique était invitée à se tourner.
La banque française a aussi su profiter par le passé du retrait de certains concurrents pour se renforcer dans les métiers actions. Début 2014, elle avait repris à RBS – encore – ses portefeuilles de produits structurés et de dérivés actions pour les particuliers. L’année précédente, c’est CA CIB qui lui avait confié la gestion extinctive de son portefeuille de dérivés actions, la filiale du Crédit Agricole conservant cependant ces positions à son bilan.
Plus d'articles du même thème
-
Morgan Stanley et BofA clôturent en beauté les trimestriels des banques américaines
En publiant des résultats nettement supérieurs aux attentes, les deux groupes se sont attiré la faveur des investisseurs mercredi, contrairement à Goldman Sachs, JPMorgan et Wells Fargo ces derniers jours. Ils ont aussi dévoilé des expositions modérées au marché particulièrement surveillé du crédit privé. -
Les profits dopés au trading des banques américaines peinent à emballer les investisseurs
Les résultats de Citi, JPMorgan et Wells Fargo ont été tirés par les activités de marché au premier trimestre mais leurs actions n’en profitent pas en Bourse. La prudence face aux incertitudes l'emporte. -
A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
Le groupe dirigé par Slawomir Krupa a recensé sept «preneurs de risques» de moins qu’en 2024 ayant touché au moins un million d’euros. Au global, la rémunération de cette catégorie particulière de salariés reste en hausse de plus de 5 %.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Lunettes connectées : le pari à haut risque d'EssilorLuxottica
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat