BNP Paribas encourt une amende de plus de 10 milliards de dollars aux Etats-Unis
Deux milliards de dollars début mai, cinq milliards il y a encore moins de dix jours et désormais plus de dix milliards, le chiffrage d’un éventuel accord entre BNP Paribas et les autorités américaines a de quoi donner le tournis. Washington accuse le groupe français d’avoir traité des flux en dollars avec des pays placés sous embargo. C’est le Wall Street Journal (WSJ) qui a livré hier dans ses colonnes cette dernière estimation.
Selon le quotidien américain, il faudra vraisemblablement attendre plusieurs semaines avant un accord et le montant final pourrait se révéler bien inférieur. Le journal cite des sources proches des discussions selon lesquelles la banque entendrait débourser moins de 8 milliards de dollars. Ce chiffre n’aurait toutefois pas été évoqué à ce stade lors des négociations.
Le cas de Credit Suisse, qui doit s’acquitter d’une amende de 2,6 milliards de dollars pour avoir facilité l'évasion fiscale de clients américains, ne joue pas en la faveur de BNP Paribas. Le groupe bancaire helvétique a accepté de verser une somme nettement supérieure aux estimations initiales et, pour couronner le tout, la réaction du marché a été plutôt neutre. Un levier sur lequel s’appuieraient les autorités afin de contraindre BNP Paribas à signer un accord de plaider-coupable.
Mais toujours selon le compte-rendu qu’en fait le WSJ, les négociations patineraient sur la capacité laissée à l'établissement de traiter des transactions en dollar. Comme avec Credit Suisse, Benjamin Lawsky, le responsable du département des Services financiers de l’Etat de New York (DFS), serait à la manoeuvre. Il aurait suggéré qu’une suspension temporaire de ce droit soit comprise dans l’accord final. De quoi donner des sueurs froides aux dirigeants de BNP Paribas qui ont relayé les craintes exprimées par les clients corporate et les partenaires de trading.
Quant au choc d’une amende de plusieurs milliards de dollars, l'établissement serait en mesure de l’absorber, soulignant auprès des investisseurs et des clients sa solidité financière. Selon le WSJ, la banque compte en outre, une fois l’accord conclu, sur la possibilité de lever plusieurs milliards de dollars via une émission obligataire. Comme le rappelle le journal, Credit Suisse a levé 5 milliards de dollars sur les marchés quelques jours seulement après l’annonce de sa pénalité.
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