BNP Paribas apporte de nouvelles retouches à sa BFI
L’année 2019 est en passe d’effacer le revers de 2018. BNP Paribas a annoncé jeudi des revenus pour le troisième trimestre supérieurs aux attentes et en hausse de 12% dans sa banque de financement et d’investissement (BFI), à 2,87 milliards d’euros. Sur les neuf premiers mois de l’année, la division a progressé de 6,3%, à 8,98 milliards d’euros. Si la tendance se poursuit sur le trimestre en cours, la banque de la rue d’Antin pourrait gommer la baisse de 7,5% de sa BFI l’an dernier. Cette contre-performance avait poussé le groupe à réduire son objectif de croissance des revenus et à gonfler son plan de baisse des coûts. «La reprise de l’activité n’a été que progressive en début d’année après le quatrième trimestre 2018 qui avait enregistré des baisses de marché extrêmes», rappelle BNP Paribas dans un communiqué.
Partant d’une base de comparaison faible en 2018, les métiers ont connu des évolutions contrastées au cours du trimestre, le grand perdant restant le trading sur actions. Au-delà de la hausse de 11,7% du corporate banking (banque transactionnelle et conseil financier) et de 6,4% des métiers titres, le pôle FICC (produits de taux, change et matières premières) a bondi de 34,6% au troisième trimestre, à 915 millions d’euros, et de 24% depuis le début de l’année. BNP Paribas a profité d’un rebond du trading sur devises et conforté sa première place dans les émissions obligataires en euro. En revanche, le pôle de courtage sur actions et prime services (services au fonds d’arbitrage) a reculé de 15,1% sur le trimestre à 384 millions d’euros (et de 20% sur neuf mois) en raison d’un «marché peu porteur sur les flux partiellement compensé par les produits structurés».
Pour autant, BNP Paribas assure avoir gagné du terrain dans les actions en passant de 5% à 5,3% de parts de marché sur un an, d’après les chiffres du cabinet Coalition pour le premier semestre. La banque profite des déboires de Deutsche Bank, sa grande rivale de la zone euro. Pour aller un cran plus loin, BNP Paribas espère boucler «avant la fin de l’année» le rachat du prime brokerage et du trading électronique actions de la banque allemande annoncé en septembre. Mais «la phase de transition» prendra «une année ou plus avant un transfert complet» des systèmes, salariés et clients, a prévenu hier Lars Machenil, le directeur financier de la banque française, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes. «Nous anticipons un impact en année pleine de 400 millions d’euros» de revenus supplémentaires, a-t-il annoncé. Le prime brokerage devrait dégager un rendement sur fonds propres, «autour de 20%», le double de la moyenne du groupe, grâce à des coûts de refinancement moins élevés que chez Deutsche Bank, en pleine déconfiture.
Cette acquisition ciblée va-t-elle peser sur les coûts ? Les analystes ont souligné la hausse des charges de la BFI (+4,8% au troisième trimestre), malgré l’annonce de nouvelles baisses de coûts en début d’année. La banque a toutefois réalisé 62 millions d’euros d’économies additionnelles et récurrentes sur le trimestre. L’effet de ciseau est resté positif, avec un résultat imposable en amélioration de 13,5%, à 834 millions d’euros. Si les «coûts de transformation» (industrialisation, digitalisation) prévus dans le plan 2020 du groupe seront atteints en fin d’année, les mesures «d’adaptation» continueront, a prévenu Lars Machenil. Cette année, la banque a par exemple arrêté la recherche actions en Asie et les dérivés sur matières premières aux Etats-Unis, et fermé ses desks pour compte propre. Cet exercice de ciselage n’interdit pas de nouvelles emplettes. Après le rachat de 22,5% de la plate-forme de distribution de fonds Allfunds, elle pourrait mener une autre acquisition ciblée, celle des dérivés pour les clients particuliers de Deutsche Bank.
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