BNP Paribas accélère le rythme de restructuration de ses activités
BNP Paribas multiplie les opérations. La banque de la rue d’Antin a annoncé cette nuit la cession de son portefeuille de prêts nord-américains au secteur énergétique à Wells Fargo. Si le montant de la transaction n’a pas été divulgué pour le moment, le portefeuille cédé comprend 9,5 milliards de dollars d’engagements de prêts, dont seulement 3,9 milliards ont été activés, pour le compte de 175 sociétés de gaz et pétrole américaines à 90% et canadiennes à 10%. Les 36 salariés de la filiale seront réintégrés chez Wells Fargo. «Même s’il s’agit d’une cession difficile, nous sommes heureux d’avoir réussi à dégager une prime sur la vente des activités» a indiqué Everett Schenk, responsable des activités nord-américaines chez BNP Paribas. Une cession qui permet en outre à la banque française de relever son ratio de fonds propres durs de 5 points de base.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de cession d’actifs engagé par BNP Paribas visant à réduire son bilan de 10% d’ici la fin de l’année. Malgré un démenti lors de la présentation de ses résultats annuels la semaine dernière, les rumeurs sur la cession des 51% détenus par la banque dans Klépierre s’intensifient. La Lettre de l’Expansion évoque une possible vente au fonds souverain norvégien. Une logique qui a également poussé la banque à faire pression sur ses créanciers en réclamant les centaines de millions de dollars de prêts qu’elle détient auprès de l’armateur pétrolier iranien NITC.
Mais cette opération vise également à réduire son exposition aux financements en dollars de 60 milliards, dont 40 auraient déjà été réalisés à fin 2011. BNP Paribas a émis vendredi un milliard d’euros d’obligations à 5 ans à un rendement de 148 pb au-dessus du taux de référence mid-swap. Avant cette émission, la banque avait annoncé avoir déjà levé 5 milliards d’euros en 2012 soit un quart de ses besoins de financement de l’ensemble de l’année.
Selon le Wall Street Journal, les dépôts de la banque auprès des banques centrales auraient explosé de 74% à 58 milliards d’euros en 2011. Plus de la moitié de cette somme serait logée au sein de la Réserve fédérale américaine, le reliquat réparti entre la BCE, la Banque du Japon et d’autres banques centrales. Une stratégie en ligne avec celles des autres banques européennes, les huit plus importantes ayant vu leurs dépôts augmenté de 50% à un total de 816 milliards de dollars.
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