Berlin souhaite imposer ses conditions avant la mise en place du pare-feu européen
Un pas en avant, un pas en arrière. Dans le cadre de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui s’est tenue hier, un accord a été trouvé sur le principe d’une recapitalisation directe des banques jugées d’une importance systémique par leur fonds de secours, le Mécanisme européen de stabilité (MES). «Cet instrument aidera à préserver la stabilité de la zone euro ainsi qu’à gommer les risques de contagion du secteur financier», a indiqué Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe. Sur les 500 milliards d’euros du MES, 60 milliards seront consacrés à la recapitalisation directe des banques.
Les Etats, qui restent seuls responsables pour lever les fonds nécessaires pour porter le ratio de capitaux propres de la banque au minimum réglementaire de 4,5%, contribueront ensuite à hauteur de 20% aux besoins des banques pendant les deux premières années du plan d’aide, tandis que le MES fournira le solde. A l’issue des deux ans, ce ratio sera ramené à 10%. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaeuble, a néanmoins tenu à prévenir que «ceux qui s’attendent à ce que l’ensemble des banques qui ont des besoins en capitaux viennent se fournir auprès du Fonds, ont perdu le sens commun».
Les ministres des Finances des 17 se sont également mis d’accord hier pour que la recapitalisation directe puisse se faire «potentiellement de manière rétroactive, au cas par cas», a indiqué le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, dont le pays occupe la présidence de l’Union européenne jusqu'à fin juin. «Une concession pour nos amis irlandais», a ironisé Wolfgang Schaeuble. En revanche, la BCE ne devrait pas assurer la supervision des banques de la zone avant la fin de l’année 2014, repoussant d’autant la mise en place de l’union bancaire du fait notamment de la législation allemande qui impose un vote de ratification préalable.
Berlin joue la montre afin d’imposer à ses partenaires que les créanciers senior des banques assument leurs pertes avant l’instauration effective du pare-feu bancaire européen, selon Bloomberg qui cite des sources officielles. Une solution qui imposerait à l’avenir un plan de sauvetage qui ressemblerait à celui de Chypre. «Concernant la recapitalisation directe des banques, toutes les fondations de l’union bancaire doivent être préalablement en place», a d’ailleurs indiqué Wolfgang Schaeuble.
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