Barclays profite de la confiance des investisseurs dans ses CoCos
L’émission d’obligations contingentes à 10 ans, dont le placement s’est achevé jeudi, a dépassé les espérances de Barclays. La banque britannique a levé 3 milliards de dollars à travers ces «CoCos» d’un genre particulier (puisque non convertibles en actions); selon l’International Financing Review, elle en espérait 2 milliards. Pour rappel, le prospectus indique que les détenteurs de ces titres perdront l’intégralité de leur créance sans espoir de retour à meilleur fortune, si le ratio de fonds propres core tier one de l’établissement passait sous la barre des 7% de ses encours pondérés.
Pour que les investisseurs acceptent de telles conditions, Barclays a su y mettre le prix: le coupon atteint 7,625%. La demande a été extrêmement forte. Selon plusieurs sources de marché, elle aurait atteint 17 milliards de dollars, alors que les termes de ces CoCos sont plus défavorables aux investisseurs que dans les émissions précédentes (celle d’UBS par exemple). Ceci s’expliquerait notamment par une très forte demande en provenance d’investisseurs asiatiques. Toutefois, les Américains ont récupéré la part du lion lors de l’allocation finale (52%).
«Ces titres devraient contribuer au ratio de fonds propres sous Bâle 3 à hauteur d’environ 40 points de base», indiquent les analystes chez Deutsche Bank. L’émission pourrait être la première d’une longue série, face à la mise en œuvre du nouveau régime prudentiel. «Nous nous attendons à ce que Barclays émette environ 15 milliards de dollars de ce type de titres pour remplacer progressivement les obligations tier one, instruments de réserve en capital et actions de préférence», poursuivent les analystes.
L’initiative a été jugée positive pour Barclays. «Le papier [émis par] Barclays devient subordonné au capital en cas de pression sur ses fonds propres, de quoi aider la banque à satisfaire aux exigences de la Commission bancaire indépendante britannique en terme de PLAC [capacité d’absorption des premières pertes] et contribuer à répondre aux différentes hypothèses des tests de résistance des régulateurs américain et européen», expliquent les analystes de Deutsche Bank.
Mais le titre a souffert sur le marché secondaire. Plusieurs gérants estiment que le CoCo a été structuré pour les investisseurs asiatiques de réseaux. A la clôture de ces marchés, les titres ont reculé jeudi et vendredi, victimes des ventes à découvert des investisseurs américains et européens.
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