Barclays France est dans l’expectative face à la nouvelle restructuration de sa maison mère
La situation mériterait un éclaircissement. L’annonce du plan de restructuration de Barclays –qui prévoit la suppression de 7.000 postes dans ses activités de banque d’investissement et la création d’une structure de défaisance hébergeant notamment ses entités de banque de détail en Europe continentale– intervient alors que sa filiale française est elle-même concernée par un plan de licenciements.
Le plan d’origine, présenté en mars 2013 sous la forme de deux PSE, portait sur 243 postes, sur un total de 1.500. Il a été annulé par la cour d’appel de Paris en janvier dernier, mais une nouvelle version a été présentée en comité central d’entreprise (CCE) en avril.
Les élus du CCE ont indiqué à L’Agefi que la banque avait enregistré, avant l’annulation du plan, 98 conventions de rupture pour motif économique. La version revue et actualisée du plan présenté par la direction –qui n’a pas pu répondre à nos sollicitations– viserait dans la nouvelle version 92 postes, majoritairement dans les fonctions de back- et middle-office (qui réduit donc légèrement le nombre de suppressions prévu à l’origine). Le CCE a deux mois (soit jusqu’à fin juin) pour se prononcer, conformément à la loi de sécurisation de l’emploi, promulguée en 2013.
Mais les élus contestent ce chiffre et l’estiment en réalité à 110, en raison de la prise en compte de 18 postes supprimés ne donnant pas lieu à licenciement. Ce seuil n’est pas neutre: selon la nouvelle loi, le délai de consultation des représentants du personnel passe à trois mois à partir de 100 postes.
Cette restructuration s’inscrivait dans le cadre d’un précédent plan mondial de 3.700 suppressions de postes présenté par le groupe en février 2013. D’où une certaine perplexité parmi les élus du comité d’entreprise sur l’articulation du PSE avec le nouveau plan annoncé le 8 mai dernier.
Celui-ci prévoit que les activités placées dans la division «non core» seront vendues ou abandonnées dans les années à venir. Dans le cas d’une vente, Barclays pourrait avoir intérêt à «nettoyer» ses activités afin d’en améliorer le profil de rentabilité pour attirer des repreneurs. Le pôle Europe Retail and Business Banking, dans lequel est logé Barclays France, a déjà fortement réduit ses pertes au premier trimestre 2014: elles atteignaient 69 millions de livres sterling (85 millions d’euros), contre 363 millions un an plus tôt.
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