Barclays est porté par sa banque d’investissement
Le plan stratégique dévoilé hier par Barclays – qui prévoit la suppression de 3.700 emplois, dont 1.800 dans la banque d’investissement – a été annoncé alors que le groupe affiche des comptes très mitigés selon les métiers, lestés en outre par d’importants éléments exceptionnels.
Profitant de l’embellie sur les marchés financiers, les revenus du pôle BFI ont progressé à chaque trimestre de 2012 par rapport à 2011. La hausse atteint 42,6% au quatrième trimestre (à 2,59 milliards d’euros) et 13% sur l’année (à 11,7 milliards). La forte chute des revenus d’intérêts (-47% à 619 millions), liée au niveau des taux, est largement compensée par les hausses des revenus de trading (+39% à 7,3 milliards) et des commissions (+8% à 3,26 milliards).
Les chiffres activité par activité confirment l’effet positif du redressement des marchés, en particulier en fin d’année. Les revenus générés sur les marchés de taux, change et matières premières (FICC, fixed income, currency, commodities) ont augmenté de moitié au quatrième trimestre (à 1,46 milliard de livres), tandis que ceux des marchés d’actions ont bondi de 59% (à 484 millions). La banque d’investissement à proprement parler (conseil en fusions-acquisitions, introductions en Bourse, etc.) progresse aussi notablement (+24% à 626 millions), après une année 2011 globalement terne.
En définitive, couplé à une maîtrise des coûts (qui reculent de 1%), Barclays est parvenu à dégager 4,06 milliards de livres de bénéfices avant impôt en 2011, un montant de 37% supérieur au bénéfice 2011.
Dans la banque de détail au Royaume-Uni, les comptes ont été affectés par d’importants éléments exceptionnels, conséquence des multiples litiges et scandales qui ont affecté Barclays au cours de l’année.
En particulier, la banque a passé 1,18 milliard de livres de provisions en prévision du règlement du litige sur l’assurance-emprunteur. Une ligne qui contribue à faire plonger le résultat avant impôt de 71% (à 292 millions), alors qu’il aurait sans cela progressé de 4% (à 1,47 milliard), avec un produit net bancaire (PNB) stagnant (à 4,15 milliards).
La banque de détail en Europe continentale, qui concentre l’autre partie des réductions de postes (1.900), continue de souffrir en 2012. Ses pertes atteignent 239 millions de livres, alors que son PNB recule de 39%, à 587 millions. En 2011, une dépréciation de survaleurs avait creusé son déficit de 427 millions, à 661 millions.
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