Barclays chiffre autour d’un milliard de livres le coût annuel du rapport Vickers
Bob Diamond, le patron de Barclays, était une nouvelle fois sur le gril. Devant la commission parlementaire du Trésor, il a été questionné, au-delà des pratiques en matière de rémunération, sur les conclusions du rapport Vickers. Elaboré par la Commission bancaire indépendante (ICB), ce document recommande que les établissements filialisent leurs activités de détail afin de préserver la stabilité du système financier. Même si le big bang tant redouté n’aura pas lieu et que la mise en œuvre de ces mesures n’est pas attendue avant 2019, des motifs de mécontentement subsistent encore chez les professionnels.
«Le cantonnement n’est pas ce que nous avions recommandé», a déclaré sans suprise Bob Diamond devant les parlementaires. «Nous pensons que le coût sera probablement au-dessus d’un milliard de livres; atteindra-t-il les 2 milliards de livres ? Nous n’en sommes pas encore sûrs», a-t-il estimé. Une facture annuelle qui sera principalement supportée par Barclays Capital, la division de banque d’investissement. Et Bob Diamond d’ajouter que BarCap pourrait être relocalisée en Asie ou à New York mais que, même dans cette éventualité, la FSA continuerait d'être le principal régulateur de l'établissement.
Entendu peu avant Bob Diamond, le patron de Standard Chartered, Peter Sands, a évoqué de son côté une ardoise annuelle proche de 500 millions de livres (taxe bancaire incluse). «C’est un frein substantiel. (...) Notre capacité à croître et à rivaliser» sera amoindrie par les nouvelles réglementations bancaires, a-t-il ajouté, tout en soulignant que les propositions du rapport Vickers sur les fonds propres capables d’absorber des pertes sont «erronnées à la fois dans les chiffres et dans la logique». Dans son rapport définitif publié en septembre, l’ICB indiquait que les activités de détail devraient avoir une «capacité d’absorption des pertes» équivalente à 17-20% de leurs actifs.
Selon l’ICB, le coût pour l’industrie pourrait atteindre 7 milliards de livres par an. Dans un courrier adressé début décembre aux parlementaires, la responsables des activités britanniques de Santander, Ana Patricia Botin, estimait pour sa part que le coût serait plus proche de 10 milliards de livres que de 7 milliards.
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