Banque Française va se désengager de son activité commerciale directe
Le processus de consultation du personnel s’est achevé le 5 avril. Banque Française va se désengager progressivement de toutes ses activités, ont indiqué des sources internes à L’Agefi. Ce petit établissement (moins de 50 salariés et 8 millions de produit net bancaire) qui revendique 80 ans d’expertise vit ainsi l’ultime épisode d’une saga débutée dans les années 90.
Banque Française est alors détenue par Denis Fastout, fondateur d’Interflora. Généraliste, elle compte parmi ses clients La Française des Jeux. Entre la banque, les fleuristes et les gagnants du Loto, son propriétaire n’a pas dressé de murailles de Chine. La situation est telle qu’en 1997 les mutuelles d’assurance partenaires de Banque Française décident d’intervenir. Une holding réunissant notamment la Mutualité Fonction Publique (à 51%), la Banque Fédérale Mutualiste (BFM, 20%) et la Mutuelle Générale des PTT (20%) reprend 57,2% du capital, le reste étant partagé en direct entre les mutuelles de fonctionnaires et la BFM. Banque Française doit se mettre au service de leurs adhérents, au même titre que la BFM fournit depuis 1986, en partenariat avec Société Générale, une offre bancaire aux fonctionnaires.
C’est un échec. La BFM se voit finalement demander en 2008 de reprendre en main Banque Française, et 61% de son capital. Mais un scandale fatidique éclate : l’affaire du syndic Urbania, qui laisse une ardoise totale de plus de 500 millions d’euros. Sur 400 millions de passifs bancaires, 62 reviennent à Banque Française qui ne dispose alors que de 21 millions de fonds propres. En 2009, la BFM doit injecter dans sa filiale 6 millions d’euros de capital, 12 millions d’avance et 32 millions de subvention. Et doit elle-même faire appel aux 27 mutuelles de santé de fonctionnaires qui composent son tour de table, à raison de 10 millions d’euros d’augmentation de capital, 17 millions d’avance (qu’elle doit prochainement rembourser) et de deux années sans dividende, au titre des exercices 2010, pourtant bénéficiaire (29 millions de résultat consolidé), et 2011.
De sources financières, fin 2012-début 2013, Banque Française aura été vidée de son fonds de commerce. La partie de son activité de clientèle en lien avec le monde mutualiste (environ la moitié du total) sera reprise en direct par la BFM, sa maison mère à 100 %. Les clients vont en être informés dans les deux mois qui viennent.
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