Bank of Ireland confirme le retour en grâce de Dublin sur les marchés
C’est un nouveau signe du climat positif qui entoure l’Irlande sur les marchés financiers depuis quelques mois. Le gouvernement de Dublin a revendu hier à des investisseurs privés pour un milliard d’euros d’obligations contingentes de Bank of Ireland (BoI) qu’il avait souscrites en juillet 2011 lors d’une recapitalisation de la banque. Il réduit ainsi son exposition à un secteur bancaire dont le sauvetage a contraint fin 2010 l’Irlande à se placer sous perfusion financière de ses partenaires européens.
Les «CoCos» de Bank of Ireland, de maturité 2016 et qui versent un coupon de 10%, seraient automatiquement converties en capital si le ratio de solvabilité core tier one du groupe passait sous 8,25%. Dublin a reçu fin 2012 «des marques d’intérêt de taille» pour ces instruments, a précisé hier matin Michael Noonan, le ministre des finances irlandais. Dirigé par Deutsche Bank, UBS, et par le courtier local Davy, le placement portait au départ sur 500 millions d’euros mais a pu être doublé en raison d’une demande des investisseurs supérieure à 4 milliards, selon IFR. Mieux, les titres ont été vendus avec une légère prime, entre 100 et 101% du pair, ce qui permettra à l’Etat d’afficher un léger bénéfice sur l’opération.
L’Irlande détient encore 15% du capital de Bank of Ireland. Il a réussi a en vendre 34,9% l’été 2011 à un groupe de cinq investisseurs, dont le canadien Fairfax Financial et le financier américain Wilbur Ross. Ce dernier a estimé hier que le placement des CoCos constitue «une étape majeure vers une privatisation complète» de BoI.
L’intérêt des investisseurs internationaux pour la dette de Bank of Ireland s’était déjà manifesté fin 2012. Le groupe avait émis le 13 novembre un milliard d’euros d’obligations sécurisées à 3 ans, une première pour une banque irlandaise depuis deux ans.
La vente des CoCos de BoI survient surtout un jour après le retour de l’Irlande sur le marché de la dette souveraine. Dublin a levé mardi 2,5 milliards à échéance juillet 2017. Si le pays avait déjà fait des incursions sur le marché en 2012, à travers des échanges de dette, le succès de cet emprunt lui laisse espérer un retour complet et une sortie progressive du programme d’aide financière apporté par le FMI et l’Union européenne.
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