Bank of America n’en finit pas de solder le coût de la crise immobilière
Bank of America est enfin parvenue à un accord pour résoudre le conflit l’opposant à un groupe d’investisseurs au sujet des conditions de vente et de gestion de titrisations de créances hypothécaires. Dans un communiqué, la banque américaine a annoncé mercredi qu’elle verserait 8,5 milliards de dollars en numéraire pour solder les poursuites engagées par 530 fonds, confirmant ainsi une information du Wall Street Journal. Cet accord reste toutefois soumis à l’approbation de la justice américaine.
Ces titres de créances hypothécaires, les mortgage-backed securities (MBS), avaient été vendus avant la crise immobilière à des investisseurs privés par Countrywide Financial, racheté en 2008 par Bank of America, et n’avaient pas eu la qualité promise par le vendeur. Du montant initialement émis de 424 milliards de dollars, 115 milliards restent à rembourser si l’on exclut les prêts sous-jacents qui ont fait défaut et ceux sur le point de le faire.
Bank of America prévoit également d’ajouter 5,5 milliards de provisions supplémentaires concernant ses obligations de déclarations et de garanties auprès des investisseurs. Une dépréciation de survaleur de 2,6 milliards sera aussi passée sur le pôle immobilier. Enfin, les autres charges liées à l’immobilier atteindront 4 milliards sur le trimestre.
En conséquence, les sommes provisionnées par la banque conduiront à une perte nette comprise entre 8,6 et 9,1 milliards de dollars au deuxième trimestre 2011, selon les estimations de BoA. Hors éléments exceptionnels, le résultat net serait ressorti entre 3,2 et 3,7 milliards de dollars. Bank of America souligne qu’en dépit de ces charges, son ratio de solvabilité tier one devrait se maintenir au-dessus de 8% au 30 juin 2011.
L’accord conclu implique également la définition de nouveaux critères pour améliorer les services et la documentation offerts aux investisseurs. La banque estime que le surcoût entraîné par l’amélioration de ces services sera d’environ 400 millions de dollars.
Il s’agit du troisième accord conclu par la banque depuis le début de l’année au sujet de ses activités hypothécaires, après celui trouvé en janvier avec Freddie Mac et Fannie Mae, puis avec Assured Guaranty en avril. Les analystes de CreditSights estimaient dans une note datée du 13 juin que les problèmes pesant sur ses activités hypothécaires pourraient coûter au total à Bank of America entre 16,4 et 36,1 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Dans la banque, le rattrapage sur les prix se poursuit
L'Observatoire des tarifs bancaires relève un comportement vertueux sur les offres destinées à la clientèle fragile, dont les prix sont contenus bien en-deçà des plafonds imposés. -
Abivax rassure sur la sécurité d'un de ses traitements et rebondit en Bourse
De premiers résultats de phase 3 pour son candidat médicament contre la rectocolite hémorragique avaient inquiété sur son niveau de sécurité, entraînant une forte chute de la biotech en Bourse début juin. -
L'inflation française est tombée sous 2% en juin
Le repli des cours du pétrole a permis de ralentir la hausse des prix. La consommation a également rebondi le mois dernier.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
La fin d’une « niche sociale boostée » : l’aide à domicile va coûter plus cher à partir de mercredi
Mesure d’économie pour les finances publiques, l’âge pour bénéficier de l’exonération de cotisations patronales pour les aides à domicile est relevé à 80 ans à partir du 1er juillet. -
Phase de poulesPhilippe Brun, un outsider à l’assaut de la primaire interne du PS
Dans le sillage d’Arnaud Montebourg, dont il avait fait la campagne en 2022, le député de l’Eure aborde cette compétition interne dans le rôle du « candidat des salaires ». Sa proposition d’instaurer une CSG progressive vise à rapprocher le salaire brut du net pour renouer avec les ouvriers et les employés qui se sont détournés de la gauche de gouvernement. -
Thermomètre
Avec l'acétamipride, le monde agricole espère vivre son moment climatisation
Le sort du produit phytosanitaire doit être étudié au Sénat dans la loi d'urgence agricole. Nombre d'agriculteurs veulent faire du débat un test pour la classe politique : est-elle capable de renoncer aux anathèmes pour revenir à la raison ?