Banco Popular fait de son augmentation de capital une priorité
Banco Popular, la sixième banque espagnole, contrôlée à 5% par le Crédit Mutuel, a annoncé vendredi une chute de 25% de son bénéfice net au troisième trimestre à 75,37 millions d’euros, une baisse imputée au rachat de Banco Pastor. Sur les neuf premiers mois de l’année, la banque, qui affiche un besoin de capitaux de 3,2 milliards d’euros selon les stress tests d’Oliver Wyman, a vu son bénéfice net chuter de 37,8% a 251,1 millions d’euros après une provision de 2,6 milliards d’euros pour couvrir les risques des impayés et de l’immobilier.
Mais comme le soulèvent les analystes Nuria Alvarez de Renta 4 et Gabriella Serres d’Aurel, au troisième trimestre, la banque n’a provisionné que 200 millions d’euros alors que le groupe s’est fixé comme objectif de provisionner jusqu’à 9,3 milliards d’euros pour 2012. Selon Gabriella Serres, «le groupe attend de connaître les résultats de son augmentation de capital avant de réaliser ces provisions supplémentaires» de 4,9 milliards d’euros au quatrième trimestre, «ce qui pénalisera fortement les résultats du groupe pour toute l’année 2012».
L’augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros «est une priorité», souligne Jacobo González-Robatto, le directeur financier de Banco Popular. «Elle devrait avoir lieu avant le 6 décembre», avance-t-il. Selon lui, les cinq plus importants actionnaires du groupe y souscriront et apporteront «500 millions d’euros» tandis que les 75% restants «seront garantis par des banques d’investissement». Le directeur financier de Popular a jugé qu’une demande d’aide publique serait «moralement innaceptable», notamment après le rachat de Banco Pastor.
Jacobo Gonzalez-Robatta a déclaré qu’une assemblée générale est prévue le 10 novembre pour décider les termes de cette opération. Il prévoit que cette «offre publique uniquement destinée aux actionnaires actuels» commencera «le 13 ou 14 novembre». Dans son nouveau business plan, Popular prévoit la création d’une «bad bank» interne et des provisionnements supplémentaires de 2,2 milliards d’euros en 2013. Car malgré une amélioration du produit net bancaire de 29,6%, «son taux de créances douteuses reste élevé, se situant à 7,83%», souligne Nuria Alvarez. Ce plan de recapitalisation a été présenté à la Banque d’Espagne et à la Commission Européenne qui devrait donner leur verdict dans les prochains jours.
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